| | | The escape of the doll {JAMES} | |
| | Auteur | Message |
|---|
Nombre de messages : 79 Age (IRL): 20 Localisation : Venise Emploi : Dancer in the dark. Statut : Alone
 | Sujet: The escape of the doll {JAMES} Dim 2 Oct - 13:19 | |
| N'en déplaise à ceux qui pensaient que je ne valais rien, je m'en sortais très bien toute seule.
J'avais quitté James, quitté l'opéra, j'avais même dans l'idée de déménager, et je m'en sortais très bien. Je n'avais besoin de personne d'autre que moi même pour m'en sortir. Depuis la mort de mes parents, j'avais tout géré. Ce n'était pas un petit ami égoïste ou une troupe de danseurs qui allaient me mettre plus bas que terre. J'avais vu bien pire dans la vie qu'une rupture ou qu'une rivalité dans un mauvaise troupe de danseurs. Et c'était parce que j'avais vu bien pire que je ne me laissais pas abattre. Si je commençais à pleurer sur mon sort à chaque coup dur, je n'avais pas fini, et autant me pendre immédiatement. Mais j'étais une battante, je l'avais toujours été. Alors j'allais m'en sortir toute seule. Je m'en sortais déjà toute seule, à vrai dire. J'étais passée à l'hôtel de James récupérer les quelques affaires que j'y avais laissé, le tout le plus rapidement possible. Je ne l'avais pas croisé lui, mais j'étais tombée sur un paquet de ses assistantes qui m'avaient jeté des regards à en mourir de rire, ou de peur, cela dépendait. Elles devaient toutes se dire qu'elles avaient leur chance avec James, maintenant que je l'avais quitté. Qui sait, peut-être même que certaines étaient déjà passées dans son lit. Le connaissant, cela ne m'étonnerait même pas...Enfin, il faisait bien ce qu'il voulait avec qui il voulait, après tout il était libre. Il n'avait plus à jouer au gentil garçon fidèle. Il pouvait de nouveau faire honneur à sa réputation de coureur de jupons. Et moi, je n'avais plus à craindre de trouver une autre fille dans son lit à chaque fois que je passais à l'improviste à l'hôtel.
Me retrouver célibataire n'avait pas été le plus "dur". Du jour au lendemain je m'étais retrouvé sans travail, et contrairement au reste, ce n'était pas une situation qui pouvait durer. J'avais besoin d'un travail, pour pouvoir payer mes factures... Mais cette fois ci je ne voulais pas d'un travail qui me rendrait malheureuse, comme celui que j'avais d'abord eu en arrivant en Italie. Hors de question de redevenir serveuse dans un bar douteux. Non, on ne m'y reprendrait plus. Je préférais galérer quelques semaines et ensuite trouver un travail qui me plairait un minimum et qui m'assurerait également de quoi vivre un minimum confortablement. J'avais donc commencé à chercher un travail dans Venise, en évitant les coins et les annonces douteuses. J'étais finalement tombée sur la perle rare à San Marco. Une école de danse pour les enfants recherchait un professeur pour enseigner les bases de la danse à des enfants entre quatre et huit ans. Voyant là l'occasion idéale, je n'ai pas hésité une seule seconde à me présenter pour ce poste. Évidemment, je dus passer une espèce de petite audition, mais comme j'avais la chance d'avoir un nom "célèbre" dans le milieu de la danse classique, j'ai été embauchée sans que l'on me pose trop de questions ou de problèmes. Enseigner ma passion à des enfants me plaisait, et autant le dire, le salaire était plutôt pas mal.
Il pleuvait depuis plusieurs jours, la ville était trempée et il arrivait parfois que les rues soient inondées. Le temps maussade me rendait parfois mélancolique, mais mon petit air triste disparaissait à chaque fois que je me retrouvais avec les enfants. Le mardi soir, j'enseignais à des fillettes qui avaient toutes entre quatre et six ans, c'était mon premier groupe. Elles étaient toutes habillées d'un body et d'un petit tutu rose, comme de vraies petites ballerines. Elles me posaient toujours des tas de questions, pour savoir comment je parvenais à faire telle ou telle figure, tel ou tel enchainement. Elles avaient parfois l'air totalement époustouflées, et cela me faisait rire. Moi aussi, j'avais été comme elle, en admiration totale devant des professionnelles de danse classique. Qui sait, peut-être que j'étais en train de façonner une nouvelle génération d'étoiles ?
Le cours se terminait à dix-huit heures. J'allai me changer dans le vestiaires et je saluai quelques parents avant de sortir de l'école. À peine avais-je mis le pied dehors que j'étais trempée de la tête aux pieds. Avec un soupir j'ouvris mon parapluie et m'engouffrai dans la rue. Alors que je débouchai sur la Place Saint-Marc, je fus surprise de voir un espèce d'attroupement se déplacer sur la place. Je restai sur place, sceptique, en voyant des dizaines de flashs crépiter. Curieuse, je fronçai les sourcils en cherchant à voir ce que cette horde de journalistes pouvait bien faire dans le coin. San Marco n'était pourtant pas un quartier très... Oh, si au contraire.
« Oh, merde. »
Je venais de voir apparaitre James entre deux journalistes. Oh, tiens donc, accompagné d'un jolie blonde perchée sur des talons de dix centimètres. Le moins que l'on puisse dire, c'était qu'il ne lui avait pas fallu très longtemps pour me remplacer. Je soupirai levant les yeux au ciel en faisant demi tour, parce que la dernière chose dont j'avais envie, c'était de me retrouver face à lui. Cependant, à force d'avoir mon visage en première page des magazines, eh bien on finissait par me reconnaître. Ce n'était pas mon pauvre petit parapluie qui allait me cacher. Avant même que je comprenne ce qu'il m'arrivait, je me retrouvai encerclée par une dizaine de journalistes et leurs appareils photo. Je ne comprenais pratiquement rien de ce qu'ils me disaient, les seuls mots que je comprenais étaient des mots comme "petite amie", "pas avec lui c'est bizarre" et "vous n'avez rien à nous dire ?" Je fulminais, figée sur place, la mâchoire serrée. J'avais envie de leur hurler que j'avais quitté James, que nous n'étions plus ensemble, mais de toute évidence, il s'était gardé de le dire à la presse. Alors quoi, il espérait encore me voir retourner vers lui peut-être ? Si c'était le cas, il était plus enfoncé dans sa connerie que ce que je pensais ! Remarquez, pour ne rien dire moi non plus, je ne devais pas être bien plus intelligente. De quoi est-ce que j'avais peur, au juste ? Nous n'étions plus ensemble, alors qu'est-ce que cela pouvait bien me faire que toute l'Italie soit au courant ? |
|  | |
Nombre de messages : 60 Age (IRL): 31
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Lun 3 Oct - 20:36 | |
| J’étais revenu depuis une semaine à Venise et déjà j’étais assailli de toutes parts. D’ordinaire cela ne m’aurait pas plus dérangé que cela, mais ces temps-ci je n’avais pas envie de supporter toute cette agitation. La seule chose que je voulais c’était me plonger dans le business parce que c’est ce que je faisais le mieux. Je voulais amasser de l’argent encore et encore. Pour disparaitre une bonne cinquantaine d’années ou plus. Je voulais ne plus revenir en Europe. J’étais allé faire des repérages en Amérique du Sud et j’avais acheté une immense propriété en Patagonie pour y couler des jours heureux comme on dit. Je savais qu’il y ferait beau toute l’année et que je ne devais pas m’exposer aux yeux des humains mais cette propriété reculée était justement un moyen de me cacher aux yeux de tous. Je ferais comme j’avais toujours fait ; j’engagerais du personnel que je ferais venir la nuit venue en prétextant avoir un rythme de vie différent. Et de toute façon, ils seraient bien payés donc je savais qu’ils ne trouveraient rien à redire. La propriété était grande et j’avais mis au point toutes les transformations que je voulais faire. Je ferais des allers et retours réguliers pour vérifier les travaux et tout irait bien.
Ce qui allait moins bien c’était que je me sentais assailli par tout le monde. J’avais renvoyé sans ménagement l’équipe précédente après avoir appris qu’ils avaient été un peu trop bavards auprès de la presse et j’avais donc une nouvelle équipe très motivée autour de moi. Tellement motivée qu’elle s’était mise en tête de me redonner une image de businessman accompli et d’intenter des procès à toute la presse people. Finalement, c’était mieux comme ça. Je n’avais aucune envie en ce moment d’être dérangé par tout un tas de paparazzis. Je voulais qu’on me foute la paix. Purement et simplement. Je voulais faire ce que j’avais à faire. Certains auraient dit que j’avais une peine de cœur, alors que je savais pertinemment que ce n’était pas ça. J’étais simplement lassé de tout ce battage médiatique. Un point c’est tout !
Tout ce que je voulais, c’était en finir avec toutes ces interviews imposées par ma nouvelle équipe d’assistants. Parce que depuis deux jours, j’enchainai les groupes de presses. Et ça commençait à sérieusement ébranler mon calme. A ce rythme là, j’allais faire l’objet d’un article dans tous les journaux, hebdomadaires, mensuels de la presse économique et financière. Au moins, je ne pouvais pas dire que mon équipe ne travaillait pas. Ils travaillaient d’arrache pied pour moi. Et je devais admettre que bientôt je serais débarrassé. Encore plus que deux interviews prévues en fin de semaine et je serais définitivement débarrassé.
Par contre, je n’étais pas encore totalement débarrassé des paparazzis. Ils persistaient encore tels des mouches à merde à graviter autour de moi en espérant que je daigne répondre à leurs questions. Mais je répondais toujours la même chose inlassablement : « Je ne souhaite plus exposer ma vie privée. ». Mais cela ne semblait pas les arrêter. L’assistante qui m’accompagnait ce jour là semblait elle moins encline à éviter les paparazzis. Très discrètement, je voyais bien qu’elle cherchait à briller dans la lumière. Mais je n’avais pour le moment pas très envie de la pousser vers la sortie. Mis à part ça, elle me rendait de très nombreux services. Alors pour le moment, elle resterait à son poste.
J’avais pu sortir ce jour là parce que le temps était maussade et qu’il pleuvait. Cela me rappelait ces jours heureux où je bénissais la pluie parce que l’on pouvait mettre les corps dans l’eau sans que personne ne cherche qui était l’assassin. Maintenant c’était beaucoup plus difficile. Et cela me rendait nostalgique de ce temps passé. Avec Victoria…Sauf qu’une Victoria en chassait une autre. Je n’en avais pas trouvé de nouvelles et n’avait même pas à cœur de remplacer la dernière. Je voulais passer à autre chose. Oui aussi dingue que cela pouvait paraitre, je voulais passer à autre chose. Un autre prénom peu importe...
Mais comment oublier Viktorya quand lorsque vous sortez de votre derniere interview de la journée, vous êtes assailis par des paparazzis et autres journalistes de pacotille qui soudain se tournent vers votre ancienne fiancée ? Moi je ne pouvais pas. J’etais terriblememnt en colere. Contre eux parce qu’ils m’énervaient à être toujours sur le dos des gens. A elle de se trouver là alors qu’elle n’avait rien à faire ici à cette heure ci. Et à moi parce que même si elle m’avait rejeté, je la désirais toujours autant. J’étais sur le point de profiter de ce peu d’attention de la part des requins, Lucia sur mes talons (enfin les siens…) pour filer en douce mais ils encerclaient totalement Viktorya et je savais à quel point elle avait horreur de tout cela.
Alors sans prévenir, je fendis la horde des mitrailleurs photographiques, et je pris la main de Viktorya sans un mot. Je sentais qu’elle essayait de se débattre, mais je ne cherchais pas à jouer les héros. Je voulais simplement…Je voulais quoi en fait ? Elle m’avait quitté. Elle avait refusé tout ce que je lui offrais, et j’étais encore là à lui rendre un énorme service alors qu’elle avait craché sur moi ? He bien oui ! C’était ce que je faisais.
Je serrai sa main le moins fort possible pour ne pas la lui briser mais suffisamment pour être certain qu’elle ne me lâche pas. J’allais l’emmener loin d’ici et je regagnerais l’hotel pour aller travailler. Je ne voulais rien de plus. Je ne décochai même pas un mot alors que Lucia était un peu surprise de ma réaction. Je lui fis un geste de la main pour lui dire de s’occuper de Viktorya des que nous nous engouffrâmes dans la limousine où j’allais m’asseoir dos au chauffeur. Je pris le premier journal que je trouvai et me cachai derrière lui. Je n’avais aucune envie de parler avec Viktorya. Et je voulais réussir à ne pas montrer que j’étais abattu par ce qu’elle m’avait fait. Parce que même si j’étais caché sous mes lunettes noires, elle m’avait repoussé…Et je n’avais pas apprécie. _________________ | Spoiler: | | | Joueuse d'Angie De Pandi, Norah Mancinelli et James Burton. |
|
|  | |
Nombre de messages : 79 Age (IRL): 20 Localisation : Venise Emploi : Dancer in the dark. Statut : Alone
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Mar 4 Oct - 18:13 | |
| Peut-être que si je faisais discrètement demi tour, ces vautours de paparazzis feraient de même... Tu parles d'un rêve. J'étais déjà encerclée, je ne pouvais pas mettre un pied devant l'autre, et Dieu sait ce qui me retenait de les frapper avec mon parapluie ou mon sac, bien plus lourd qu'il n'y paraissait. Leurs flashs m'aveuglaient presque autant que les éclairs qui traversaient le ciel. Mes vêtements prenaient l'eau lentement et commençaient à me coller à la peau, ce qui était fort désagréable. Mais j'étais prise au piège, je ne savais absolument pas comment j'allais me sortir de ce traquenard. Je n'osais pas regarder James et la blonde qui l'accompagnait, je fixais mes chaussures et la flaque d'eau dans laquelle je pataugeais désespérément. J'avais peur de voir de la colère dans les yeux de James, ou de la tristesse. J'aurais sans doute préféré la colère, parce que même si je détestais son égo sur dimensionné et sa façon de penser qu'il était le maitre du monde, je n'avais jamais voulu le rendre malheureux. Je n'étais pas une briseuse de cœur, et je n'avais pas l'intention d'en devenir une. Mais dans une relation, puis dans une rupture, quelqu'un finit toujours par souffrir. Ce n'était pas moi pour le moment, mais penser que quelque chose puisse blesser James semblait tellement irréaliste... Je l'avais souvent vu se mettre en colère, mais je ne l'avais jamais vu triste en plusieurs mois de relation. Il avait toujours ce qu'il voulait, qu'est-ce qui aurait pu le rendre triste ? Il avait de l'argent à foison, il était aussi célèbre que le pape et pouvait avoir n'importe quelle femme à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Je ne pensais pas représenter une grosse perte pour lui.
Je ne compris pas pourquoi tout à coup il s'est approché de moi, traversant la foule de paparazzis que j'aurais été bien en mal de repousser. J'eus un hoquet de surprise quand il m'attrapa par le poignet brusquement avant de m'entrainer avec lui. J'écarquillai les yeux et tentai de me soustraire à son étreinte, mais il était toujours beaucoup plus fort que moi, et essayer de me dégager était peine perdue. J'abandonnai rapidement le combat et le laissai m'entrainer derrière lui, me faisant traverser la foule qui nous entourait. Derrière moi j'entendais encore les flashs crépiter et les photographes nous héler pour que nous leur accordions un dernier regard. Ce qui m'étonna, ce fut que James ne lâche pas ma main une fois que nous fûmes débarrassés des paparazzis. Muette, je le suivis, trottinant derrière lui pour soutenir son rythme. Pendant un bref instant, je fus envahie par une colère immense. Est-ce qu'il ne venait pas de se servir de mon instant de panique pour faire croire que nous étions toujours ensemble ? Si c'était le cas, c'était vraiment... vraiment... VRAIMENT !
Je me suis retrouvée à entrer dans sa limousine sans même m'en rendre compte. Il a lâché ma main au moment où nous nous sommes trouvés hors de portée des appareils photo. Cela me fit une drôle d'impression mais je ne dis rien, me contentant de m'enfoncer dans un siège avec un air gêné. Je n'avais pas particulièrement envie de me faire raccompagner. Cependant, je me retrouvai une fois de plus coincée. L'assistante de James avait l'air gêné, et sans doute ne savait-elle pas quoi faire de l'ex petite amie de son patron. Ce que je comprenais, je n'aurais pas aimé être à sa place. Au moins celle ci était-elle polie, et pas d'une jalousie idiote comme toutes les autres. Elle me demanda gentiment où ils devaient me déposer, et je répondis timidement en lui disant le nom de ma rue. Enfin, de la rue la plus proche de chez moi. Il n'y avait pas énormément de rues praticables par voiture dans Venise, et en avoir une pour ses petits déplacements était un signe de la richesse de la personne. Et tout le monde savait que James était très, très, très riche. J'étais presque sûre qu'à lui seul il aurait pu rembourser la moitié au moins de la dette italienne. Je ne savais pas à combien sa fortune s'élevait, mais j'en avais eu un aperçu, et de toute évidence, il n'avait pas à s'en faire pour son avenir.
Il ne m'adressa pas la parole une seule fois, et je n'osai rien dire non plus. C'était la situation la plus bizarre et la plus embarrassante dans laquelle je m'étais jamais trouvée. J'avais hâte de sortir de cette voiture et d'être enfin rentrée chez moi, où le monde se remettrait à tourner normalement. Inutile de dire que je fus soulagée à l'idée de quitter la voiture lorsque nous arrivâmes à deux rues de chez moi. J'allais sortir de cette voiture et ne plus jamais revoir James. C'était simple comme bonjour.
Enfin, en théorie, c'était effectivement parfaitement simple.
Ce que je n'avais pas prévu, c'était ce qui allait suivre. J'ai sursauté en même temps que son assistante quand j'ai entendu un crissement de pneus absolument horrible venant de derrière. Nous n'avons même pas eu le temps de réaliser ce qu'il nous arrivait. Qui aurait pensé à attacher sa ceinture dans une limousine, qui plus est dans une ville où il y a un milliard de fois plus de gondoles que de voitures ? Certainement pas moi. Je n'ai pas pu hurler, j'ai eu le souffle coupé avant d'avoir eu le temps d'ouvrir la bouche. Quelque chose a percuté la limousine par le côté, celui où était assise l'assistante de James. Le choc de la collision a été tellement fort que la voiture a pratiquement été coupée en deux. Des craquements absolument écœurants accompagnés d'un hurlement aigu me sont parvenus, mais j'ai été incapable de réaliser que c'était la blonde qui venait de hurler. J'ai littéralement était projetée contre la portière de mon côté. Ma tête a violemment heurté la vitre, qui a éclaté. Cela n'a duré que quelques secondes, mais j'ai senti les morceaux de verre entailler ma peau presque un à un. Si je n'avais eu quelques coupures, j'aurais été chanceuse. Mais c'était bien connu, je n'avais jamais de chance. J'ai senti quelque chose me compresser la poitrine, bloquant ma respiration subitement. J'eus l'impression que toutes mes côtes se brisèrent d'un coup d'un seul. Bien que cette douleur fusse absolument abominable, ce ne fut pas le pire. Je sentis quelque chose me transpercer la jambe, au niveau des cuisses. Sentir sa peau, sa chair, ses muscles et le reste être déchirés et écrasés, c'était une chose. Mais sentir son fémur être littéralement broyé, c'en était une autre. De ma vie je n'avais jamais eu aussi mal. Et je n'avais jamais eu l'impression que j'allais mourir dans la minute, dans d'atroces souffrances. Je ne pouvais plus respirer, et je sentais un liquide épais me remonter dans la gorge. Ce n'est que lorsque je me mis à le cracher – enfin, à le vomir – que je me rendis compte que c'était du sang. Beaucoup, vraiment beaucoup, de sang.
Et malgré tout, malgré mon état catastrophique, malgré le fait que je sache parfaitement que j'allais mourir dans les minutes à venir, pour lever les yeux et peut-être voir une dernière fois le seul homme que j'avais certainement aimé, et le seul qui s'était jamais soucié de moi, malgré tout ce que j'avais pu dire, croire et faire. Sauf qu'il n'y avait personne sur le siège où James était assis quelques secondes avant l'accident.
J'allais mourir, et j'allais mourir toute seule. En fait, j'allais mourir comme j'avais toujours vécu. |
|  | |
Nombre de messages : 60 Age (IRL): 31
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Mer 5 Oct - 17:10 | |
| Il ne fallait pas rêver, je ne lui adresserais pas la parole. Qu’elle aille au diable elle et son foutu caractère. Je lui avais offert une vie que bien des femmes lui avaient enviées, j’avais même été jusqu’à accepter certaines choses si cela pouvait la retenir à mes côtés. Et elle avait tout simplement refusé tout cela. Je ne devais pas me leurrer. Elle ne serait jamais aussi bien que ma Victoria. Jamais personne ne remplacerait l’amour de ma vie. Je n’avais qu’une hâte c’était que ce fichu chauffeur se dépêche. Je voulais que Viktorya sorte de cette voiture et que plus jamais je ne la voie.
Quand elle avait mis fin à notre relation, j’avais cru qu’elle quitterait Venise ou même l’Italie. Et pourtant un mois après, elle était toujours ici. Et il avait fallu que je tombe sur elle aussi rapidement. J’étais plus qu’anxieux. Je n’avais pas encore totalement confiance en ma nouvelle assistante, et je ne voulais pas risquer de fiche en l’air ma nouvelle stratégie de communication. Enfin, en l’occurrence, il s’agissait plus de non-communication, vu que je refusais maintenant toute interview à la presse à scandale, et à toute presse qui n’avait rien à voir avec le business. Je voulais me dépêcher d’amasser de l’argent pour disparaitre. Et plus je me consacrerais à mes affaires, plus vite j’atteindrai mon but. Viktorya n’était qu’un contre temps dans mon plan. Elle était un grain de sable. Et j’allais me débarrasser de ce grain de sable rapidement.
Lucia indiqua au chauffeur où il fallait déposer Viktorya, et je savais que les regards étaient tournés vers moi. Le mien, il était fixé sur les chiffres de la bourse devant moi. Jusqu’a ce que je prenne conscience que le danger était là, à notre porte. Un accident est vite arrivé comme on dit. Et même pour un vampire prompt à réagir, les secondes passent vite. Bien sur je pouvais réagir et agir plus vite qu’un être humain, mais je n’étais pas un super héros. Je n’avais pas de cape, ou de masque. Mais j’avais un esprit d’analyse et d’action assez développé. Alors au moment où j’ai senti les pneus crisser et le chauffeur se mettre à freiner, je me suis précipité sur Viktorya. Je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer, ni si cela allait être grave mais je ne pouvais pas la laisser mourir. Je préférais croire que c’était l’odeur du sang que je voulais éviter.
A peine la collision ait eue lieu j’étais déjà prés de Viktorya à lui éviter d’être mortellement blessée. Je n’avais mis qu’un quart de seconde à arriver prés d’elle et j’avais été assez intelligent pour la pousser au milieu de la banquette pour ne pas que la tôle lui transperce l’abdomen ou lui perfore les poumons. Pourtant, je n’avais pas été assez prompt ou alors quelque chose avait échappé à mon esprit d’analyse puisque de la tôle se logea dans sa cuisse. Le choc avait été terrible, et j’avais du accepter qu’elle ne sortirait pas indemne. Déjà le gout du sang me parvenait, et je sentais que je ne pourrais pas me contrôler bien longtemps. Je préférais ne pas regarder où elle avait été touchée, ni regarder ses entailles, ses coupures. Je devais me concentrer pour la maintenir en vie le temps que les secours arrivent. Je ne pouvais déjà plus rien pour Lucia et même si je le pouvais je savais que je ne laisserais pas Viktorya passer l’arme à gauche. C’était comme ça, je ne voulais pas qu’elle meure. Appelez ca comme vous voulez, je n’en avais cure à ce moment là. J’espérerais vraiment que la réputation des pompiers vénitiens serait à la hauteur de ce que j’en avais entendu, parce que je ne pourrais pas tenir longtemps. Je pressai l’abdomen de Viktorya, et je décollai ses cheveux poisseux pour dégager son visage.
-Tiens le coup ! Ils arrivent !
Mais moi aussi je devais tenir le coup. Je devais arriver à ne pas regarder ce sang, à faire taire mon odorat surdéveloppé, et à ne pas me laisser aller à poser mes lèvres sur cette peau vermeil. J’allais la laisser aux mains des médecins dés qu’ils seraient sur les lieux de l’accident, et je sèmerais les policiers qui me poseraient sans doute des questions. Je n’avais absolument rien, et il serait difficile de dire comment je n’avais rien alors que mon assistante était morte et que mon ex fiancée était grièvement blessée.
-Ouvre les yeux et regarde-moi. Ne ferme surtout pas les yeux !
J’étais vraiment un parfait idiot. Je pouvais aisément boire son sang et la faire passer pour morte lorsque les secours seraient arrivés, et personne ne s’inquiéterait. Mais je ne pouvais pas la laisser mourir. Je ne concevais finalement pas un monde sans elle. Et en cet instant oublié Victoria…il n’y avait que Viktorya, que je sentais mourir à chaque seconde. _________________ | Spoiler: | | | Joueuse d'Angie De Pandi, Norah Mancinelli et James Burton. |
|
|  | |
Nombre de messages : 79 Age (IRL): 20 Localisation : Venise Emploi : Dancer in the dark. Statut : Alone
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Jeu 6 Oct - 18:58 | |
| Outre la douleur physique, il y avait aussi cette peur terrible. Comment n'importe qui, j'avais peur de mourir, peur de mourir toute seule. J'avais l'impression que ma vie allait prendre fin d'un coup, de façon terriblement violente. Ma mort ne serait pas paisible du tout. Et puis, je n'avais pas l'âge de mourir ! J'étais trop jeune pour mourir ! Je n'avais rien fait de ma vie, ou presque. Je l'avais gâchée, et je n'aurais aucune chance de me rattraper ? C'était injuste ! Mais qu'est-ce que j'avais bien pu faire pour mériter ça ? Je n'étais pourtant pas une personne horrible. J'avais mon caractère, j'étais loin d'être parfaite, mais je n'avais jamais rien fait de mal. Rien qui justifie que le sort s'acharne sur moi. C'était quoi la suite ? Le refus de mon entrée au paradis, peut-être ? Je serais à peine étonnée !
Je ne savais pas de quoi j'avais le plus peur. De la mort, ou de cette douleur abominable dont j'avais hâte d'être débarrassée ? Sans même être sûre de survivre ou non, je savais que si je survivais, plus rien ne serait plus jamais comment avant. Cet accident allait laisser des traces, des cicatrices, un traumatisme... Et dans ce cas là, est-ce qu'il ne valait mieux pas que je meure, plutôt que d'endurer d'autres atrocités ? Peut-être que je ne pourrais plus jamais marcher, pire, peut-être que je ne pourrais plus jamais danser. Ma vie n'aurait plus aucun sens, plus aucune saveur... J'avais toujours eu peur de la moindre petite cheville foulée, en sachant que cela risquerait de m'handicaper, mais là ? J'avais la jambe à moitié broyée et je ne pouvais plus respirer. Je ne n'avais pas mal aux bras, mais c'était peut-être parce que j'avais trop mal ailleurs. Je voyais mon sang se répandre lentement, et j'avais l'impression que si personne ne faisait quelque chose très vite, vraiment très vite, j'allais me vider de tout mon sang. Comme si je ne me sentais pas suffisamment mal, l'odeur métallique et salée du sang m'agressait, me donnant envie de vomir encore une fois. Et c'était sans compter sur le corps désarticulé et plus tout à fait entier de l'assistante de James près de moi. Elle était assise du côté où nous avions été percutés et avait sans doute été tuée sur le coup. Je l'enviais presque.
J'eus un sursaut affreux quand je sentis des mains glacées se poser sur mon ventre, faisant pression sur ce dernier pour m'empêcher de saigner davantage. Je ne pus m'empêcher de hurler tant j'avais mal. Difficilement, je relevai les yeux alors que ma vision était de plus en plus brouillée. Mes yeux se teintaient de rouges, j'avais l'impression de ne voir que du sang tout autour de moi. Pendant un court, très court moment, je me suis sentie soulagée. James était là, je n'allais pas mourir toute seule. C'était un tout petit soulagement. Cependant, ce soulagement laissa place à un drôle de sentiment de surprise lorsqu'en regardant James, je constatai qu'il n'avait rien. Rien, pas une égratignure, pas une écorchure, ses vêtements n'étaient même pas tâchés ou déchirés. C'était comme si n'avait pas été dans la voiture avec moi, alors que je me souvenais clairement l'avoir vu assis juste en face de moi. Je n'avais pas rêvé. Il était là ! Mais il n'avait pas une seule blessure...
« Comment... Comment... tu... tu n'as rien... ? »
Parler me faisait presque lui cracher du sang à la figure, mais c'était un mystère trop grand pour que je ne pose pas au moins la question. Et puis j'allais mourir, autant profiter de mes cordes vocales encore une dernière fois, non ? Morte, elles pourriraient aussi vite que le reste de toute façon. Je tentais désespérément de regarder James, mais je voyais tellement flou qu'il me fallut cligner des paupières plusieurs fois pour pouvoir le regarder sans avoir l'impression de regarder une chaine cryptée. Je crus avoir perdu l'esprit pour de bon en voyant ses yeux. Rouges, vraiment ? Je commençais à délirer, en plus. Peut-être même qu'il n'était même pas là, que j'hallucinais.
« Tes yeux... Mon dieu, tes yeux ! »
Personne n'avait les yeux rouges, à moins d'avoir un sérieux problème. Et visiblement, James n'en avait pas, il semblait aller parfaitement bien. Ce qui était tout à fait anormal après un choc pareil. C'était comme sauter du dixième étage et s'en sortir indemne ! Il ne pouvait pas aller bien... J'étais pourtant contente que ce soit le cas (du moins, si je ne délirais pas et qu'il n'était pas déjà mort). J'étais contente de le savoir entier. Je n'avais jamais voulu qu'il soit blessé, d'une quelconque façon. Peut-être que finalement, j'avais sous estimé la nature de mes sentiments pour lui. Peut-être que j'étais tombée amoureuse de lui, peut-être que je l'étais toujours et que j'avais été trop bête pour m'en rendre compte, trop bête pour l'accepter. J'avais toujours refusé qu'on m'aide, mais j'avais sans doute eu tort de refuser la sienne, parce qu'il s'était toujours soucié de moi et de mon... bonheur, malgré une façon un peu brutale et machiste d'amener les choses. Je n'avais pas aimé les train de vie qu'il me proposait, mais je devais bien avouer que je n'avais jamais manqué de rien avec lui. J'avais eu la vie dont n'importe quelle femme aurait rêvé, mais j'avais été trop conne pour l'apprécier. C'était peut-être moi la plus orgueilleuse des deux. Et où cela m'avait menée ? Dans une limousine à moitié défoncée en train de me vider de mon sang. C'était Roméo et Juliette, à ceci près que je doutais que ma mort soit feinte, et que je ne méritais pas que James se suicide pour moi ensuite.
« Je suis désolée... Je n'aurais jamais dû te quitter... Je suis... Je suis stupide ! Je ne sais pas prendre le bonheur quand quelqu'un me l'offre... Désolée... »
C'était bien beau, mais c'était trop tard. Mais au moins, il était au courant. C'était mieux que rien, et puis c'était le délire d'une presque morte, alors il pouvait bien faire l'effort d'écouter ! D'ici quelques minutes, il ne m'entendrait plus jamais, ne me verrait plus jamais, à part peut-être en couverture d'un magazine où je ferais la une people tragique pendant un ou deux jours, avant qu'on trouve plus intéressant la nouvelle coupe de cheveux de telle ou telle starlette italienne. C'était aussi bien. Je sentais mon cœur qui s'emballait, comme s'il commençait à paniquer autant que moi. Comme s'il sentait qu'il était sur le point de s'arrêter. Avec le peu de force qu'il me restait, j'ai posé ma main sur la sienne, sans me rendre compte que je m'étais mise à pleurer.
« Merci... Merci de m'avoir aimée, au moins un tout petit peu... »
Je n'ai même pas eu le temps de tenter de sourire. Je me suis sentie partir, comme aspirée par je ne sais quoi. Je ne résistai pas, fermant les yeux en me disant que c'était peut-être mieux comme ça.
…
Pas de cauchemars, pas de rêves, rien. Juste une sensation de vide effrayante.
…
Tout mon corps me faisait mal. J'avais l'impression de sentir chaque muscle, chaque nerf, chaque os, chaque organe de mon corps. La douleur était diffuse, mais sourde, je me sentais engourdie. Si c'était ça être morte, je n'aimais pas du tout. Tout était noir autour de moi, et j'avais froid. C'était tout de même bizarre d'être morte et d'avoir mal. Mais je ne pouvais pas ne pas être morte, n'est-ce pas ? Mes blessures étaient trop graves, ils n'auraient pas pu me soigner... Ou alors, j'étais un légume. Cela ne me plaisait pas du tout. Je préférais être morte. C'était mieux. Moins avilissant. Mais je sentais mon corps, alors je n'étais pas paralysée ? Cela n'avait aucun sens. Je me revoyais clairement mourir dans cette voiture, façon tragédie shakespearienne. Si j'avais simplement perdu connaissance, c'était... ridicule ? Oui, presque. Mais si j'avais perdu connaissance, c'était que je n'étais pas morte, et qu'on m'avait soignée ! Ou du moins, que l'on avait fait de son mieux. J'étais consciente, j'avais toute ma tête. Restait à ce que j'ouvre les yeux.
Mes paupières étaient plus lourdes que ce que je pensais, et mes yeux furent tout de suite agressés par une vive lumière blanche. Je fronçai les sourcils, agressée par trop de luminosité tout à coup. Je n'osais pas bouger mon corps, c'est tout juste si j'osai tourner la tête vers la gauche parce qu'il m'avait semblé voir une ombre bouger.
« … James ? »
Après la presque fin de Roméo et Juliette, c'était presque la Belle Au Bois Dormant réveillée par le Prince Charmant ! À ceci près que j'étais en miette, plus très jolie à regarder, et pas blonde du tout. |
|  | |
Nombre de messages : 60 Age (IRL): 31
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Jeu 13 Oct - 13:46 | |
| Jamais dans ma vie déjà longue et bien remplie je ne m’étais attendu à ça. Ce n’était pas tant de vouloir sauver quelqu’un à tout prix qui me surprenait, c’était tout ce qu’il y avait autour. L’humanité de celle que j’étais en train de sauver, ce que je ressentais, la situation etc. etc. etc. Ce n’était pas sensé se passer ainsi. J’étais sensé ne vouloir que victoria jusqu'à la fin de ma vie. J’étais sensé vouloir le sang plus que tout. J’étais sensé oui…Sauf que la vie réserve bien des surprises. Même à un immortel. Sans doute plus même. Rien n’était acquis sur cette terre. Et j’en faisais la triste expérience. Je me fichais de tout, et même si je pouvais sentir du sang tout autour de moi, je ne pouvais pas bouger d’ici. Je ne pouvais pas laisser Viktorya mourir. Je n’y arrivais pas. Pour autant, je n’en restais pas moins un vampire et j’avais senti cet appel. Mais je me refusais à y céder.
Seulement l’espace de quelques dizaines de secondes, ce qui paraissait une évidence pour n’importe quel vampire dans ma situation me paraissait être seulement une option. Viktorya, bien qu’un pied dans la tombe se rendait compte de quelque chose. Je l’avais un peu sous estimé finalement. J’avais pensé qu’elle était comme toutes les autres, bien que j’ai su très vite qu’elle avait un don qui serait si utile si elle devenait comme moi.
Non, je n’avais rien. Absolument rien.
Oui mes yeux n’étaient pas humains. Ils étaient rouges. Gorgés de sang. Gorgés de désir. Le désir de la vider moi-même de sa vie en buvant son sang. Tout son sang.
C’est à ce moment là que j’aurais vraiment du la faire taire à jamais en me penchant sur elle et en profitant des entailles que la tôle avait faite sur sa jambe pour lui donner moi-même la mort. J’aurais du, si je m’en tenais au secret que j’avais juré de garder auprès des Volturi. Mais même si je savais que les Volturi n’étaient plus, et que le nouveau gouvernement aurait sans doute approuvé que je sauve une humaine, je n’allais pas plonger ma tête entre ses cuisses parce que la dernière chose que je voulais c’était qu’elle meurt. Bien sûr, maintenant elle avait des doutes. Et même des preuves. Mais je n’en avais absolument rien à faire. J’avais de toute façon prévu avant qu’elle ne me quitte de la faire mienne pour l’éternité. Elle avait seulement pris un peu d’avance dirons nous. Et puis…je ne pouvais pas abréger ses souffrances. Pas après ce qu’elle venait de me dire.
Et le pire c’était que ca n’avait rien à voir avec une quelconque victoire de constater qu’elle était amoureuse de moi et qu’elle l’avouait enfin. Cela n’avait rien à voir avec la toile que je m’étais mis à tisser. C’était la façon dont elle me regardait. J’avais l’impression qu’elle luttait contre la mort pour moi. La faucheuse était prés d’elle et elle trouvait encore la force d’avoir des gestes tendres pour moi. J’étais littéralement surpris de son attitude. Et de ce qu’elle m’a dit…
Elle me remerciait de l’avoir aimé, et pour la première fois depuis des décennies je ne savais quoi répondre. Je n’avais pas de réponse toute faite. Ni même d’échappatoire. Je me prenais en pleine figure une vérité qui me dérangeait. Non, je ne l’aimais pas. Je refusais de croire que je l’aimais. Parce que j’avais juré de n’aimer que Victoria. Et pourtant…j’etais toujours là à faire pression sur sa cuisse et son abdomen pour la maintenir en vie. Muet…Alors que j’entendais enfin les secours arriver.
Ce n’est que lorsque quelqu’un est venu me la prendre et qu’on m’a dit qu’on allait s’occuper d’elle que j’ai senti une espèce de tension se relâcher d’un seul coup. Je répondais aux questions des secouristes, des policiers, de tout le monde. Mais j’étais ailleurs. Même pas avec Viktorya…J’étais dans ma propre tête. Est-ce que je l’aimais vraiment ? Est-ce qu’en réalité, pour la première fois depuis prés de trois cent ans, je tenais réellement à quelqu’un ? Je ne sais pas trop comment je suis sorti des griffes des policiers parce que je ne leur ai pas dit grand-chose. De toute façon, je ne savais pas comment c’était passé l’accident. Mais j’avais du mentir pour justifier que je n’avais rien. Comme il n’y avait plus aucun témoin de la configuration d’où nous étions placés, je prétextais que c’était Viktorya qui m’avait protégé et que je ne comprenais pas pourquoi je n’avais rien. Après, il avait été un peu plus difficile de ne pas me faire ausculter. Mais j’y avais réussi. Et j’avais pris un taxi pour rejoindre l’hôpital.
Je devais faire appel à davantage de self control que d’ordinaire pour ne pas me laisser aller. Et je ne restais que dix minutes, le temps qu’on m’assure que Viktorya était encore en vie et qu’elle était sortie d’affaire. Bien sûr, elle resterait en soins intensifs et il se pouvait qu’on doive l’opérer, mais son pronostic n’était pas engagé. C’était un soulagement pour moi. Soulagement de courte durée quand je me rendis compte que même si je voulais rester prés de Viktorya, il me fallait avant me gorger de sang pour supporter d’être là prés d’elle. C’est comme ça que je me suis retrouvé à trois cent kilomètres au nord de Venise. Je profitai d’un groupe de randonneurs que je vidai à moitié et rentrait le plus rapidement possible sur Venise où j’allais me changer pour revenir à l’hôpital. Je savais qu’elle m’avait quitté et que j’avais juré d’avoir tiré un trait sur elle, mais j’avais failli la perdre et je ne pouvais pas le supporter. Alors oui, je l’avouais. J’étais amoureux de Viktorya. Comme un adolescent. Comme un pauvre humain aussi.
Je demandais alors aux médecins de prendre toutes les mesures pour qu’elle soit au mieux. Je paierais le prix qu’il faudrait pour qu’un médecin ne s’occupe que d’elle. Je savais que c’était de l’abus de pouvoir, mais pour Viktorya rien n’était trop beau. Je restais à son chevet, préférant regarder par la fenêtre et réfléchissant à comment j’avais fait pour tomber amoureux et ne pas m’en rendre compte. Le pire c’est que je ne l’avais pas tuée. Pourtant, je savais que j’aurais du. Pas seulement parce qu’elle avait deviné que je n’étais pas comme les autres, mais parce qu’elle venait de tout bouleverser. Elle venait de chasser Victoria de mon cœur, et je n’arrivais pas encore à m’y faire. La révélation était terrible. Je tentais de me raisonner et de me dire que c’était la perspective de la mort qui lui avait fait dire qu’elle m’aimait, je n’arrivais pas à quitter cet hôpital.
Je me retournais lorsqu’elle m’appela.
-Je suis là.
J’avais parlé d’une voix basse et je doutais qu’elle m’ait entendu. J’oubliais parfois qu’elle n’était pas comme moi et que je devais avoir une tonalité raisonnable pour l’oreille humaine. Je m’approchai alors d’elle d’un pas las et me fit une place sur son lit. Elle avait le visage couvert d’ecchymoses et elle était encore pâle mais elle était vivante.
-Tu es réveillée. C’est bien !
Je savais que ce n’était certainement pas ce qu’elle attendait que je lui dise mais je ne me sentais pas le courage de lui dire ce que je ressentais. Je n’arrivais pas non plus à avoir un geste tendre. Je me rebellais encore contre mes sentiments pour elle. Pourtant, que je sois là, prouvait bien que je tenais à elle. Que je l’aimais. Mais ma fierté m’empêchait d’être franc avec elle.
Un médecin a frappé à la porte, et je l’ai laissé s’occuper de Viktorya. Il ne resta pas longtemps et je pesai encore le pour et le contre. Je cherchai encore des arguments pour ne pas me laisser aller et la laisser aux bons soins des médecins mais je n’y arrivais pas. Si j’avais été si dur avec elle et si j’avais contrôlé sa vie, ce n’était pas seulement parce que je voulais faire d’elle une immortelle, mais bel et bien parce que j’étais tombé amoureux d’elle. Dés que le médecin fut sorti, je m’approchai à nouveau de son lit et je fis ce que je m’étais jusque là refusé intérieurement. Je caressai sa joue en ne la quittant pas des yeux. J’avais pris soin de mettre des lentilles et espérait qu’elle ne se souvienne pas de la réelle couleur de mes yeux. Je faisais toujours attention à ce que mes lentilles ne me trahissent jamais, mais l’appel du sang avait sans doute mangé les lentilles en une seconde et je ne m’en étais pas rendu compte.
-Est-ce que tu permets que je te fasse transférer à l’hôtel ? Tu auras une équipe médicale rien que pour toi et je n’aurai pas à faire des dizaines d’allers et retours entre l’hôtel et l’hôpital. _________________ | Spoiler: | | | Joueuse d'Angie De Pandi, Norah Mancinelli et James Burton. |
|
|  | |
Nombre de messages : 79 Age (IRL): 20 Localisation : Venise Emploi : Dancer in the dark. Statut : Alone
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Sam 15 Oct - 12:00 | |
| Je me sentais vaseuse. Vivante, mais vaseuse. Mes membres étaient engourdis, pire encore, j'avais l'impression de ne pas pouvoir bouger. Je me doutais bien que j'aurais pu bouger, mais j'avais peur. J'étais terrifiée. J'avais peur de ce que je pourrais ressentir si je bougeais. Je me doutais bien qu'on m'avait donné des calmants et de quoi calmer la douleur. Cependant, j'avais un souvenir tellement vif de la douleur que j'avais ressentie que j'avais peur de la réveiller. Je ne voulais pas avoir mal. Et puis je n'étais pas certaine de vraiment vouloir savoir où j'avais mal, où j'étais blessée. Ce devait être grave. Je me souvenais très clairement d'avoir vomi du sang, d'avoir senti quelque chose s'enfoncer dans ma jambe, je ne savais plus trop à quel endroit... Je ne me souvenais pas de grand chose, en réalité. Je me souvenais juste de la douleur. Je ne savais même plus pourquoi c'était arrivé, comment c'était arrivé. J'étais avec James et c'était arrivé... Mais pourquoi est-ce que j'avais accepté de rentrer avec lui ? Pourquoi est-ce que je n'avais pas pris un taxi, pourquoi est-ce que je n'étais pas rentrée à pieds ? Parce que j'étais stupide, voilà pourquoi. Et ma stupidité avait failli me tuer.
Le plus triste dans l'histoire, c'est qu'au moment où je me réveillais dans ce lit d'hôpital, j'avais complètement oublié ce que j'avais dit à James, je n'en avais pas le moindre souvenir. Le plus drôle, c'était que James devait parfaitement s'en souvenir, lui. Mais je n'y pensais pas pour le moment. Je ne pensais plus que je l'avais quitté (en le traitant de tous les noms). J'étais juste contente qu'il soit là. J'étais contente de ne pas être toute seule, à l'hôpital, alors que j'avais failli mourir. Contente de ne pas être seule tout court, en réalité. Je n'avais personne. Enfin, je n'avais que lui. Et encore, je l'avais rejeté parce que je ne supportais pas ses (gros) défauts. Pourquoi n'étais-je pas capable de m'en accommoder ? Quelques défauts n'étaient pourtant pas grand chose... Et de toute évidence, s'il avait tant de défauts que cela, il ne serait sans doute pas là à mon chevet. Mais il était là, il avait attendu que je me réveille, et il avait certainement très longtemps. J'avais dû rester endormie un bon moment, si j'avais été sous anesthésie. J'avais dû jouer la Belle Au bois Dormant. À ceci près que je devais être nettement moins jolie que la dite princesse. J'étais en morceaux, moi.
J'eus un sourire fade et fatigué quand James vint s'asseoir à côté de moi. En effet j'étais réveillée... J'avais bien failli sombrer dans le sommeil éternel quelques heures auparavant. Je ne savais même pas comment j'avais pu survivre à un tel choc, et aux traitements qui avaient dû suivre. Je ne savais pas ce qu'on m'avait fait. Je ne savais absolument pas dans quel état j'étais. James ne disait rien. Ou plutôt, il n'eut pas le temps de me dire quoi que ce soit. Un médecin entra, et il s'écarta de moi. J'eus envie de le retenir, mais je me retins quand le médecin vint vers moi. De toute évidence, personne n'avait pris la peine de dire à ce médecin que je ne parlais pas bien italien. Il s'est mis à m'expliquer tout un tas de choses sur mon état de santé, mais je ne comprenais absolument rien, ce qui ajoutait beaucoup à mon stress je dois bien l'avouer. Finalement il s'en alla avec le sourire, auquel je répondis tant bien que mal. Au final, je n'avais compris que quelques mots. Grave, jambe, ventre, sang, opération, mieux, bien, problème. Je ne savais pas du tout ce que j'avais eu. Ce n'était pas que je voulais savoir, mais je devais savoir. Je devais savoir si cet accident allait me suivre toute ma vie.
J'eus un petit soupir quand James me caressa la joue en se penchant au dessus de moi. C'était presque comme si nous ne nous étions jamais quittés... J'eus un soupir et je détournai légèrement la tête, quand il me proposa de me transférer à l'hôpital. Je m'attendais à ce genre de proposition, je n'étais pas étonnée. Cela ne m'énervait pas, cela ne me faisait pas plaisir. Pour le moment je m'en fichais complètement. Qu'il fasse ce qu'il voulait, ce n'était pas ce qui m'intéressait ou m'inquiétait. Je voulais savoir ce que j'avais. Et ce n'était pas en restant parfaitement immobile que j'allais tout à coup comprendre tout ce que m'avait dit le médecin. Il fallait que je bouge. J'étais morte de peur, mais je devais absolument bouger. Quitte à avoir mal. Serrant les dents je me suis redressée dans le lit. Je m'attendais tellement à avoir mal qu'au final la douleur que je ressentis me parut fade. C'était sans doute grâce à la morphine, mais elle ne ferait pas effet éternellement.
J'ai repoussé le drap d'hôpital d'un geste, pour voir l'étendue des dégâts. J'ai grimacé en me rendant compte que j'avais la cuisse bandée, plâtrée, je n'en savais trop rien. J'ai essayé de bouger la jambe, mais la douleur s'est réveillée. J'ai plaqué ma main sur ma bouche pour éviter de hurler. J'avais la jambe cassée ? Enfin, l'os de la cuisse ? Ce n'était pas bon, pas bon du tout... J'ai remonté la chemise d'hôpital sur mon ventre, et j'ai effleuré un bandage. J'ai relevé les yeux vers James, inquiète.
« Ils m'ont opérée ? »
De toute évidence, oui. Je me suis rendue compte de la présence d'une perfusion. J'ai eu une grimace de dégout. Je me sentais vulnérable, faible, j'avais horreur de ça. Ce n'était pas de ma faute, mais je ne me sentais pas bien mieux pour autant. Je devais avoir l'air absolument lamentable... et horrible. Pleine de bleus, de coupures... Et il y avait tout de même beaucoup plus séduisant qu'une chemise d'hôpital. Ah oui, cela devait le changer de me voir vêtue de cette façon. Nous étions bien loin de la haute couture. Je n'aurais certainement pas fait la première page d'un magazine dans cette tenue. Ou alors d'un magazine à scandale. J'étais d'ailleurs étonnée de n'entendre aucun raffut typiquement médiatique. Je n'entendais pas de journalistes, ni de flashs crépiter partout. Tout était étonnamment calme. C'était presque trop calme. Cela me laissait seule à seul avec James. Ce n'était pas que je n'aimais pas, c'était juste... étrange.
« Pourquoi est-ce que tu es resté ? Après tout ce que je t'ai dit... J'aurais été moins étonnée que tu ne restes pas... » |
|  | |
Nombre de messages : 60 Age (IRL): 31
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Dim 23 Oct - 20:22 | |
| Il était tout simplement hors de question que je ne sois pas prés d’elle. Mais je lui laissais le choix. Hors de question de répéter les mêmes erreurs avec Viktorya. Je me promettais d’être vigilant et de l’écouter parce que cela semblait important pour elle. Non je n’étais pas soumis c’est juste que je ne concevais ni qu’elle meure ni qu’elle soit loin de moi. J’avais besoin de continuer à faire tourner mes affaires tout en sachant qu’elle était soignée par les meilleures. Mais je ne pourrais pas travailler sereinement et efficacement si elle restait dans son hôpital. Parce que je m’inquiéterais, que j’allais être détourné d’elle ici à cause de ce sang que je sentais et qui me rendait fou, parce que je devrais faire semblant de dormir et que ce serait gâcher du temps et j’en passe…Non, je ne pouvais pas laisser Viktorya dans cet hôpital. Par contre, je ne voulais pas qu’elle croit que je montrais ainsi mon pouvoir sur elle ou que je recommençais à la considérer comme une poupée. C’est juste que j’avais besoin qu’elle soit prés de moi en permanence.
Pourtant, si elle refusait je n’irais pas contre. Je devrais simplement trouver une organisation nouvelle pour tout concilier et simuler mon humanité. Cela ne me posait pas vraiment de problème majeur. Tant qu’elle restait en vie et qu’elle guérissait, ça m’allait.
Elle semblait tellement fragile, si humaine qu’il m’aurait été d’une simplicité déconcertante de mettre fin à sa vie. Et pourtant, je restais là à la regarder en étant encore plus pathétique. Je voyais au-delà de ses blessures et je voyais une superbe femme. Et je voulais cette femme. Je ne sais même pas comment elle a réussi à se redresser mais je suis restée alerte .Je surveillais le moindre de ses mouvements et m’attendait à ce qu’elle montre un signe de faiblesse pour pouvoir intervenir. Mais il n’y en a pas eu et elle a repoussé le drap pour regarder son corps. Oui, ce n’était pas très beau à voir. Elle était couverte d’ecchymoses, de bandages…
Je savais exactement tout ce qu’on lui avait fait. J’avais voulu tout savoir. Ils avaient soigné sa jambe et avaient posé un espèce d’emplâtre pour faciliter et encourager la cicatrisation, avaient bandé tout son ventre pour resolider les côtes afin d’éviter une atteinte pulmonaire, ils avaient aussi posé des bas de contention pour éviter qu’elle ne fasse d’embolie ou de phlébite. Oui je savais exactement tout ce qu’il lui avait fait. J’avais insisté, et passé outre mon manque de lien biologique ou affectif avéré avec elle pour qu’on me tienne au courant.
Je laissais Viktorya observer son corps en retenant une grimace. Non pas parce que je pensais que ses blessures n’étaient pas belles à voir mais parce que son sang m’appelait encore. J’avais toujours un mal fou à résister au sang humain. Et Viktorya, malgré mes sentiments, n’échappait pas à la règle. Pourtant, je n’avais pas envie de son sang plus que de celui d’une autre ou d’un autre. La seule chose qui différenciait Viktorya pour moi c’était qu’elle avait su toucher quelque chose en moi. Je ne savais pas ce que c’était, et ne voulait pas réellement le savoir. Admettre que j’éprouvais quelque chose pour elle était déjà quelque chose d’assez important en soi. J’acquiesçai quand elle me demandait si elle avait été opérée. Oui, on l’avait opéré…Elle avait fait une hémorragie interne au niveau de la cuisse et il s’en était fallu de peu pour qu’il décide d’une amputation sans doute. Elle serait alitée un certain temps et elle ne danserait sans doute plus jamais si c’est ce qu’elle voulait mais au moins elle était en vie. Et c’était finalement tout ce que je demandais.
J’étais silencieux, l’observant du coin de l’œil mais faisant semblant de ne pas m’intéresser réellement à elle. Non pas que j’étais détaché de ça. Mais je ne voulais pas penser à ce qu’il avait sous ses bandages : des sources rapides de nourriture. Je ne cessais d’avoir envie de son sang. Seulement quand elle m’a demandé pourquoi j’étais resté après tout ce qu’elle avait pu me dire d’horrible, je suis revenu vers elle et j’ai juste cherché la bonne attitude. Seulement je ne savais pas désormais être détaché d’elle. Alors avec énormément de précautions, ce qui ne me ressemblait pas, j’ai pris sa main. Elle allait certainement la trouver glaciale mais j’improviserai s jamais elle m’en faisait la remarque. Tout ce que je voulais c’était qu’elle comprenne ce que je ressentais.
-Justement…après tout ce que tu m’as dit je ne pouvais pas te quitter.
Elle m’avait dit qu’elle m’avait aimé. Enfin, pas réellement. Elle l’avait dit à demi-mots, mais elle avait dit clairement qu’elle aurait apprécié ce que je lui apportais. Et c’était sans doute ce qui avait fait que j’avais commencé à comprendre qu’elle n’était pas comme les autres.
Bien sûr, c’était encore un sujet assez sensible, mais je refusais maintenant de la laisser croire qu’elle n’était qu’une poupée malléable. Parce qu’elle était bien plus que ça. Et j’aurais du le comprendre quand j’avais commencé à penser qu’elle ferait une compagne pour l’éternité absolument parfaite. Seulement le fantôme de Victoria était toujours présent. Il avait fallu que je manque de perdre Viktorya pour comprendre que je tenais à elle et qu’elle avait réussi à me faire oublier Victoria. Ce qui en soit était tout de même quelque chose d’absolument insensé.
-Il y a un moment dans la vie où même un homme doit savoir mettre sa fierté de côté. Et ce moment est venu pour moi…
Je me suis penché sur elle pour m’approcher de ses lèvres. Je me fichais bien qu’elle puisse voir réellement mon regard, le vrai, le rougeâtre. Ou qu’elle avait le visage tuméfié. Je voyais bien au-delà des apparences avec Viktorya, et elle avait su toucher ce que j’étais au plus profond. Mais j’ai vite compris qu’elle ne comprenait pas. Peut-être qu’elle ne comprenait pas ma réaction parce qu’elle ne se souvenait pas de ce qu’elle m’avait dit dans la limousine…Et c’était fort possible. A ce moment là, elle luttait contre la mort.
-Viktorya ? Tu te souviens de ce que tu m’as dit après l’accident lorsqu’on attendait les secours ? _________________ | Spoiler: | | | Joueuse d'Angie De Pandi, Norah Mancinelli et James Burton. |
|
|  | |
Nombre de messages : 79 Age (IRL): 20 Localisation : Venise Emploi : Dancer in the dark. Statut : Alone
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Sam 29 Oct - 22:33 | |
| Honnêtement, je ne comprenais pas pourquoi il était resté. Je l'avais quitté avec perte et fracas, je l'avais insulté, je lui avais balancé à la figure tout ce qu'il avait fait pour moi, tout ce qu'il m'avait offert. Mais non, il était toujours là. Cela n'avait aucun sens à mes yeux. À sa place, je n'aurais pas levé le petit doigt pour la personne qui m'aurait traitée de cette façon. J'avais été absolument injuste avec lui. J'admettais volontiers avoir été trop loin avec lui. J'avais dit beaucoup de choses que je ne pensais pas, au fond. Au lieu de lui reprocher ses excès en douceur, au lieu d'essayer d'en parler avec lui, j'avais choisi la solution la plus radicale. Je ne savais même pas pourquoi j'avais été si agressive, finalement. À ce moment là j'étais certainement épuisée physiquement et nerveusement, mais cela n'excusait rien. Je n'étais peut-être pas moins excessive que lui. Avec son caractère, je me demandais comment il avait pu trouver l'envie de me pardonner. Puisque si il était toujours là, c'était qu'il m'avait pardonné, d'une façon ou d'une autre. Il devait tenir à moi plus que je ne l'avais cru. De nous deux, c'était visiblement moi l'idiote. Il fallait être sacrément stupide pour foutre en l'air son propre bonheur. Mais j'étais très douée à ce jeu là. Gâcher ma vie était l'une des choses que je faisais le mieux. C'était la seule chose que je faisais bien, d'ailleurs.
J'ai soupiré quand James a pris ma main. Avec un petit sourire désolé, j'ai refermé mes doigts autour des siens. Ils étaient froids. Ils étaient toujours froids. Mais étant donné que j'avais la sensation d'être fiévreuse, ce n'était pas un mal, cela ne me dérangeait pas. Je fronçai les sourcils quand il me dit qu'il n'aurait pas pu me quitter après ce que je lui avais dit. Le problème, c'était que je ne me souvenais absolument pas de ce que j'avais bien pu lui dire avant que les secours arrivent. Je me demandais si je n'avais pas dit quelque chose de stupide, parce qu'on devient rapidement stupide et fleur bleue quand on sent la mort arriver. J'avais failli mourir, alors j'imagine que devant l'urgence de la situation, je lui avais dit ce que j'avais sur le cœur. Seulement voilà, je ne m'en souvenais pas. Sur le moment, mes sentiments pour lui avaient dû me paraître très clairs, parce que je pensais ne jamais le revoir. Mais j'étais bien vivante, et sans aucun souvenir de la plus belle scène d'amour de toute ma vie. J'étais maudite, vraiment maudite.
Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit sourire. Mettre sa fierté de côté, hein ? Entendre ça de sa bouche, c'était étrange. Il y a peu, j'aurais juré qu'il aurait préféré mourir plutôt que d'avouer qu'il était trop fier et trop orgueilleux. J'ai dégluti quand il s'est penché au dessus de moi. Je me suis empourprée, gênée qu'il me regarde si intensément. Je me suis laissée glisser dans mon lit, retenant une grimace de douleur. J'ai secoué la tête avec une mine désolée quand il m'a demandé si je me souvenais de ce que je lui avais dit.
« Je ne me souviens de rien. Juste de l'accident et de tes yeux, qui avaient une drôle de couleur... J'ai dû halluciner. Je ne me souviens pas de ce que j'ai bien pu te dire pour te persuader de rester avec moi... Désolée. J'espère quand même que ce n'était pas trop... ridicule. »
Ou affligeant, ou navrant... Ou je ne sais quoi d'autre.
« Mais peu importe ce que j'ai bien pu te dire... Quitte à me répéter, je dois dire que je suis désolée... Je n'aurais jamais dû te dire tout ce que je t'ai dit. Je ne suis pas plus parfaite que toi. Juste plus stupide... Je n'aurais jamais dû t'insulter. J'ai agi comme une... garce. Pire, même. Dans tous les cas, je ne mérite pas que tu sois là. Je mérite d'être toute seule, c'est tout. » |
|  | |
Nombre de messages : 60 Age (IRL): 31
 | Sujet: Re: The escape of the doll {JAMES} Dim 13 Nov - 17:19 | |
| Malgré ma mémoire infaillible vampirique, je savais que si j’avais été aussi humain que Viktorya je me serais souvenu de ce qu’elle m’avait dit dans ma limousine. Pas seulement parce que c’est ce que je voulais entendre de sa bouche, mais parce que cela m’avait fait prendre conscience de pas mal de choses. J’avais compris dans cette voiture qu’elle n’était pas seulement un jouet ou une obsession. Je ne voulais pas seulement la transformer pour faire d’elle ce que je voulais mais aussi et surtout parce que je la voulais à mes côtés. Elle était à mes yeux la compagne idéale. Je ne faisais pas que la désirer…mais j’étais incapable de prononcer ce mot. Ou bien de me l’avouer. C’était tout simplement impossible.
Comme mon incapacité à refouler cette humanité qui me tiraillait quand j’étais prés d’elle. Je me serais battu moi-même si j’avais pu. Parce que j’étais touché et blessé qu’elle ne se souvienne pas. Et je me trouvais, pour la première fois depuis bien longtemps, réellement idiot de lui avoir demandé si elle se souvenait de ce qu’elle m’avait dit dans la limousine. J’aurais du tout simplement quitter cet hôpital. Ce n’était pas que Viktorya n’était pas assez bien pour moi, ni que je ne sois pas assez bien pour elle. Ce qui n’allait pas c’était qu’à ses côtés j’étais humain. Mon humanité ressortait quand elle était prés de moi. Et cela je n’arrivais pas à le tolérer parce que j’étais vulnérable. Et c’était bien la dernière chose que je voulais être. La vulnérabilité ne devait pas faire partie de mes traits de caractère.
J’ai compris que cela me peinait d’autant plus qu’elle s’excusait. Elle l’avait fait parce qu’elle avait peur de mourir. Et même si je sentais qu’il y avait eu une grande part de vérité dans ses aveux alors que sa vie était sur un fil invisible et qu’elle s’apprêtait à chuter, elle me faisait comprendre qu’elle ne l’avait fait que parce qu’elle pensait qu’elle était en train de mourir. J’avais baissé la garde, je m’étais révélé, et j’avais presque avoué ce qu’elle représentait pour moi et elle n’était même pas capable de faire de même. Je ne demandais pas à ce qu’elle me dise qu’elle était folle amoureuse de moi, mais j’aurais aimé qu’elle montre un peu plus d’affection pour moi.
Alors, sous l’emprise de la colère et de ce sentiment de rejet, je lui adressai un regard froid. Un regard que j’avais voulu gris. Avec le temps, j’avais expérimenté tout un tas de lentilles et je m’étais rendu compte que même si la matière semblait être la même, la couleur grise était celle qui restait plus longtemps. Alors pour les humains, j’avais les yeux gris. Seulement, sous l’effet de ce désir de sang lorsque nous avions eu cet accident les lentilles avaient été mangées par mon système et elle l’avait vu. Mais je préférais faire comme si je n’avais pas entendu. En parler serait la manière idéale d’attirer l’attention sur mes yeux. Ne perdant tout de même pas mon objectif de vue, malgré la gifle invisible qu’elle m’avait asséné, je fis ce que j’avais à faire. Me persuadant que cela ne signifiait rien.
-Dois-je demander le transfert ou non ?
Quoiqu’elle décide, je ne viendrais plus la voir. J’avais compris. Et je n’avais pas envie de passer mon temps à lui montrer qu’elle se mentait à elle-même. Tant pis pour nous, tant pis pour elle, tant pis pour moi. Tant pis quoi…
-Je ne t’y oblige en rien, tu sais ?
Je mettais le plus de distance possible entre elle et moi. Je mettais le plus de froideur dans ma voix et mon attitude. Parce que je refusais qu’elle remarque à quel point j’étais blessé. Ca passerait…Et puis d’ici deux à trois ans je serais bien loin de Venise. Et je l’oublierais…Comme j’avais oublié tant de femmes.
J’avançai alors vers la porte et mit la main sur la poignée avant de me retourner et de la regarder en refrénant une envie de lui crier qu’elle se mentait et qu’elle me mentait.
-Si tu décides d’accepter mon offre, fais-le savoir aux infirmières. Elles sauront quoi faire. Je te souhaite un bon rétablissement Viktorya. _________________ | Spoiler: | | | Joueuse d'Angie De Pandi, Norah Mancinelli et James Burton. |
|
|  | | | | The escape of the doll {JAMES} | |
|
Sujets similaires |  |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |