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 Laa La beauté est un jardin sauvage

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Laa

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Avec : Entourée par trop de traîtres


MessageSujet: Laa La beauté est un jardin sauvage   Sam 1 Jan - 23:30

Laa

.
Identity card


« Hier tu étais une divinité, ce qui est si commode, si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant.»


Photography ;

Ma petite personne ;

    NOM : À l'époque de ma naissance, cela n'avait aucune importance. La modernité voudrait que j'en adopte un, mais ça n'aurait aucun sens pour moi. Je ne veux pas de ce titre de Volturi. Je suis Laa, c'est tout.
    PRÉNOM : Aucun. Des milliers. Je ne sais plus qui j'étais et ne le saurai jamais. On me nomma Athéna, Bélinda, Isis et tant d'autres encore. Ce n'est pas ce que je suis, pas ce qu'il a décidé, lui, mon roi. Mon prénom est Laa.
    AUTRE(S) PRÉNOM(S) : Comme si j'avais l'heur de les connaître. Je ne sais rien de mon identité originelle et puis, à l'époque, je ne suis pas convaincue que les deuxièmes prénoms étaient à la mode.
    AGE : Plus de 4000 ans. L'eau a coulé sous les ponts depuis ma naissance et pourtant...pourtant je suis toujours la même, enfermée dans un corps jeune qui ne reflète en rien mon âme.
    NÉ(E) LE : Inconnu A : Inconnu
    HABITE : Le monde est ma maison ; l'Italie est présentement ma chambre.
    CLASSE SOCIALE : 4000 ans à amasser richesses laissent n'importe qui riche comme Crésus, malgré ces longues années d'enfermement. Je n'ai besoin de nourriture ni de breuvages, ce que je veux, je l'obtiens par le charme ou la force. Santiago possède également des montagnes d'or qu'il me prêterait volontiers. Je n'ai pas à me plaindre.
    EMPLOI : Je fus esclave à la solde d'Aro. Je fus fugitive et espionne. Je suis aujourd'hui reine. Je serai vengeresse dès que Marcus et Aro se trouveront sur mon chemin.

    GROUPE : Vampire.
    ANIMAL : Insulte que cela ; les animaux sont ces frères qui me retinrent, ce sont ces humains qui s'attachent et périssent, ces loups qui hantent nos contrées.
    DON : Terrible don qu'est le mien. J'ai appris il y a longtemps à ne plus toucher les gens, laissant mon âme et mon corps à la solitude. Effleurer ne serait qu'une seconde la moindre personne peut l'amener à être dégoûtée sur l'instant ou à être irrésistiblement attirée par moi. Pourquoi ? Je ne sais pas. Quelle règle étrange régie ces impressions ? Bien malin qui saura me le dire.
    CÉLÉBRITÉ CHOISIE : Eva Green
Ma petite tête ;



.
A whole story

Autour de moi, les objets s’animent d’une volonté propre.
J’étouffe.
Cette énergie, vibrante dans chaque recoin. Tourbillonnante, harcelante, puissante. Allégeant les fardeaux de mon corps, autant qu’il alourdi mon esprit.
Où est ma place ?
Mon être, faible pantin de chiffon; petit et insignifiant, sous cette entité sans visage, qui fait vivre ma maison.

Ce mécanisme, provenant de moi, sans être vraiment moi.
Dans mon monde, plus de beauté, puisqu’elle est si commune, si atteignable.
Dans cette maison, plus de présences, autre celle de ces mirages.
Sur cette terre, plus de douceur, mes yeux aveuglés par trop d’artifices. Mon âme, pervertie par mon potentiel de destruction.
Les larmes aux yeux, je gagne la forêt.

Les arbres sont grands, et immobiles.
Épargné de la folie, de mes pairs magiciens.

La véritable magie, ne dors pas dans une potion, ne jaillit pas des baguettes.
Elle dort à quelque part, dans le creux de ces feuilles.
Le pouvoir en lequel j’ai foi, c’est précisément celui qu’on ne contrôle pas…


Je tourne. Le vent d’automne percute mon visage, les feuilles s’emmêlent à mes cheveux. Je tourne. Le soleil souverain décline, embrasant le sol comme un mur de flammes qui fait briller de milles joyaux tout ce qui m’entoure. Je tourne. Mon corps scintille en harmonie avec la rivière qui coule en serpentant à travers la vallée vierge de destruction. Je tourne. Le tissus léger vole, capte les derniers soubresauts de lumières avant de venir reposer contre mes cuisses, agité par la brise fraîche qui fouette les arbres dans un vrombissement léger. Je tombe. La lune qui se lève pose son regard inquisiteur sur son enfant au regard triste, empli des étincelles du brasier soulevant la terre. Je brûle. Mon corps est fiévreux, mon âme s’éteint, prisonnière du feu dévastateur de l’âge. Je hurle. Couchée sur un lit de mousse, je regarde la chute descendre dans un murmure salvateur, emportant le courant derrière son rideau bleu, laissant le ruisseau tristement calme, l’eau tranquille.

Elle dort.

Sa puissance est cantonnée pour l’instant, mais l’orage s’annonce. Elle sortira de son lit et fera ses ravages, dévastant le pré et les maisons des sauvages qui ont empiétés sur la reine Nature. Soupirs. Elle est lisse, inquiétante. Parfois, on voit sa surface se distordre, signe qu’une pierre s’est immiscée dans son existence. Je me lève, sourcils froncés. La pluie tombe doucement, juste comme nous l’avions prédit. Le monde s’éclaire au rythme du tonnerre qui bat. Je souris en empoignant la roche qui gâchait l’oasis suave que formait la rivière. Sous mes doigts elle devient poussière qui coule en brillant dans le courant qui s’accentue. Sous la lune, la poudre semble devenir diamants minuscules. Si douce, si paisible. Un éclair tombe juste au sommet de la chute, déchaînant les vagues soudain violentes pour un moment seulement. La tempête approche finalement. Mes cheveux et ma robe collent à ma peau, ruisselants de larmes divines.

L’eau ne dort plus.

Ma main si blanche en fracasse la surface abîmée par le vent de plus en plus fort, par la pluie qui s’abat régulièrement en produisant ce choc si léger. Mon rire vient teinter la nuit sans étoiles pour laquelle j’avais voyagé si longuement. Les nuages semblent s’être concertés pour laisser le satellite terrien hors de toute atteinte. Son visage si distinct me surveille gravement, je le fixe sans ciller. Certains phénomènes sont au-delà de ma propre compréhension… Je me retourne. L’envie de me jeter dans l’eau me prend, car je sais qu’il serait agréable de laisser cette force m’engloutir. Je n’en mourrais pas, je ne risque rien, sinon peut-être l’érosion. Si l’eau pouvait détruire des fjords, elle pouvait bien réduire le granit en morceaux. Fascinée, c’était le seul mot.

Santiago.

La seule personne qui me retenait de me jeter du haut des rochers, pour cette sensation vertigineuse. Je pouvais presque entendre sa voix autoritaire, emplie de désir alors que sa main empoignait mon bras. Laa, dirait-il. Sans besoin d’autres discours, je retournerais toujours vers lui, comme j’avais accepté la servitude et l’emprisonnement pour le simple plaisir de le garder vivant. C’était alors ma seule liberté. Je n’acceptais toujours pas d’être ce que j’étais, ou alors peut-être que c’était moi qui l’acceptait le plus. J’étais loin des autres vampires, plus ancienne, plus forte. Effacée du monde, comme mon histoire que j’aurais jetée dans ce nid de puissance difficilement quantifiable, laissant l’encre couler lentement pour se déformer, soudainement invisible. Tout le monde connaissait mon histoire, tous avaient entendu parler de moi. Némésis, Isis, Athéna. Oui, tous savaient qui j’étais, sauf moi en vérité. Je me demandais ce qu’aurait pu contenir cette encre disparue dans la nuit.

Les plus belles histoires commençaient par Il était une fois, c’était bien connu. Dans ces contes merveilleux, les princesses avaient tous les dons, pouvaient compter sur des amis fidèles, des animaux qui parlent et bien d’autres. Bien entendu, il y avait toujours un méchant mage qui compliquait la vie de tout le monde. Finalement, elles se mariaient avec l’homme de leurs rêves. Non ? Vous ne me croyez pas ? Alors attendez : Cendrillon, Blanche-Neige, la belle au Bois-Dormant…

Tous ces contes qui berçaient la vie des enfants. Ces histoires destinées au départ à faire la morale, mais dont les humains avaient oublié le sens véritable. Je pense que ma vie pouvait y ressembler, sauf que je n’avais pas eu mon happy ever after. La vengeance teintait ma vie d’amertume depuis 1500 ans.

Il n’était pas une fois, Laa.

Je ne me souviens pas de ma Mère. Je ne saurais même dire si j’en avais réellement une, ma Matrice, ma chère créatrice.

L’infini est un concept étrange ; les gens changent, la civilisation grandit et décroît à chaque siècle et pourtant tout est toujours semblable. Oh ! Je pourrais certes vous décrire avec une précision déconcertante les Aurores d’antan, le spectacle de couleurs dorées qui s’entremêlaient, et les forêts éternelles qui s’étendaient le long des fleuves sacrés, et les lueurs bleutées de la Nuit. Je le pourrais, mais ce serait une perte de temps, ne croyez-vous pas ? Il y a longtemps que plus personne ne s’en soucie. Il y a longtemps, trop longtemps, que nous sommes perdus dans le néant impur des temps modernes.

Nous gardons tous en mémoire la souffrance de nos Mères, et de ces souffrances viennent les souvenirs de Celles qui vinrent avant. Ces lignes fines qui semblent scintiller des réponses tant cherchées remontent jusqu’à la nuit des temps, aux premières porteuses et à leurs compagnons. Celles-là furent créées par les Dieux eux-mêmes, de ces mains habiles et de ces doigts fins, elles furent pures parmi les Purs, et eux étaient parmi les plus valeureux. N’est-il pas rassurant de se savoir descendants d’une lignée d’Enfants de Dieux ? Ah, j’aimerais avoir votre chance.

Je ne me rappelle pas, parce qu’il n’y a rien à savoir, ou parce que je ne veux pas savoir, je ne pourrais dire. Ce qui s’impose, c’est que mon existence, ou quelque nom puissions-nous lui donner, remonte à loin, avant la venue des cités d’aujourd’hui, avant l’unification de plusieurs Seigneurs, avant même, sûrement, la venue de vos arrières. Je suis vieille, mature de bien des points de vue, encore une enfant de bien d’autres. Ce concept d’immortalité est à la base des changements qui s’opèrent au fil du temps, l’Histoire passe, les Êtres meurent ; ceux qui me ressemblent continuent. Nous pouvons enseigner, détruire, bâtir. Nous pouvons Tout.

Peut-être fus-je seulement la première de ma sorte. Peut-être… mais sûrement pas. Je fuis devant ces réalités comme le ferait un agneau devant le loup. Seigneur ! Je ne me rappelle pas et j’aimerais tant, parce que l’histoire que je dois narrer, celle que je me dois de raconter avant de laisser aller les siècles, elle passe par ma jeunesse, et il est malheureusement impossible d’avoir accès à cette partie de mon esprit. Honte à moi peut-être, et s’il m’est facile de faire la part des choses qui se sont produites jusqu’alors, je ne pourrai jamais être plus qu’un bambin, car l’apprentissage de toutes choses passe par les parents, et je n’en ai pas. Le loup pris à son propre piège.

Mais je puis essayer, du moins, je puis essayer de vous faire voir une partie de l’histoire, une partie de mon histoire. Ouvrez vos oreilles, entendez mes cris ; ce sont mes terres que je vous présente, mes souffrances et la prospérité qui entoure mes possessions. D’Athènes à Rome, en passant par les prisons de Volterra, et j’espère, Oh ! Je l’espère tellement, que mes écrits parviendront à soulever la brume épaisse qui s’étale devant mes yeux.

*

Il faisait noir comme dans les abysses les plus profondes. Je ne savais pas où j’étais, mais j’avais quelques certitudes. J’étais, par exemple, certaine que mon corps aurait dû souffrir le martyr et pourtant je ne ressentais rien. Je savais aussi que mon cœur ne battait plus et que je ne respirais pas. La simple conclusion qui me venait, c’était que j’étais morte. L’obscurité, le vide, la douleur diffuse. C’était simple et limpide comme de l’eau de roche. Alors pourquoi donc refusais-je de le croire ?

J’ouvris les yeux pour recevoir aussitôt une infinité de lumière douloureuse. Je voyais tout, absolument tout, et il y avait tant de choses différentes à observer qu’il me semblait évident que je ne pouvais pas être morte. Les défunts, me semblait-il, avaient le regard vide de toutes sensations. Il était plus qu’évident qu’ils n’avaient pas droit à toutes ces merveilles. D’ailleurs, je ne pouvais pas avoir trépassé, parce que je ne me rappelais pas avoir vécu. C’était idiot comme sensation ; mon esprit semblait allumé comme jamais, mais ça ne voulait rien dire parce qu’à part ces quelques secondes, il n’y avait rien. Absolument rien. Pas une bribe, pas une image. Le noir complet, le feu, la douleur. Je refermai les yeux en soupirant. Aussitôt qu’une bouffée d’air s’engouffra, je réalisai plusieurs choses en même temps. La première de toutes – la plus élémentaire pour qui n’est pas des nôtres – c’était que je n’avais pas à respirer, mais que si je voulais le faire, je le pouvais. C’était également des plus agréables, comme si je goûtais chaque odeur. Je ne pensais pas pouvoir faire cela avant, mais là encore, je n’étais pas certaine qu’il y avait eu un avant. La seconde découverte, c’était que ma gorge s’enflammait au moindre contact des particules. J’avais soif, si soif que c’en était douloureux. Ce qui me faisait peur, c’était que je n’avais pas soif d’eau. J’avais soif d’humain.

Malheur à celui qui fit craquer une brindille à ce moment.

Sauvage, élancée, rapide. Je me fondais avec la nature sans même avoir à y penser. Un pas et j'étais déjà dix mètres plus loin. Une respiration et la terre n'était plus la même. Je ne réfléchissais plus, seul le son me guidait, cette ouïe qui entendait à mille lieux à la ronde. Et l'odeur, oh l'odeur, pire que tout, délicieuse, douloureuse, qui me tuait de l'intérieur tant ma gorge en souffrait. Ça ne se décrivait même pas, c'était une sensation d'atroce brûlure et de désir dantesque. Un gémissement m'échappa lorsque je vis le chasseur au corps déjà nu, caché derrière un arbre, invisible pour les animaux, trop visible pour la véritable bête. Il ne sut probablement jamais ce qui lui était arrivé, mes dents trouvant son artère dans la seconde, le vidant en un instant. Extase, appaisement. Ce geste à renouveler sans cesse qui n'apportait aucune consolation véritable. Mes yeux retrouvaient l'obscurité un moment tandis que le sang coulait sur mon corps. Et je respirais encore et tout devait recommencer.

Combien de temps fus-je ainsi, condamnée à ma propre barbarie ? Je l’ignore. Un jour ou des siècles. Le temps n’avait ni odeur ni goût, alors il n’avait aucune signification pour la tigresse indomptée que j’étais. Tout changea quand je les rencontrai. Trois hommes, grands, la peau aussi pâle que la mienne et une femme dont la beauté me rappela la mienne, que j’avais déjà pu observer dans les ruisseaux sur lesquels je voguais. De longs cheveux qui, malgré les aléas du vent, ne s’emmêlaient jamais. J’avais peur d’eux. Ils semblaient légèrement plus civilisés que moi – mais ce n’était pas difficile de l’être. Il fallait dire que je n’avais fréquenté personne depuis bien longtemps.

La femme fut la première à qui j’accordai ma confiance et, à partir de ce moment là, le temps me parut moins long. J’en vins à accepter les hommes également. Nous passâmes de longs mois ainsi, chassant et courant, avec pour seules lois les vœux de la nature. Je ne savais pas où j’étais, mais je me sentais mieux, appréciée, aimée. Je souriais parfois, découvrant des dents aussi blanches que brillantes, aussi droites que tranchantes. Oui, j’avais une famille, c’était un fait. Mais nous n’étions pas en tous points semblables et ils l’avaient remarqué dès le premier soir. Mes yeux, violets comme l’améthyste, étaient différents des leurs. J’étais différente, mais pourquoi ? Je ne devais jamais le savoir.

Après quelques années de cette vie, nous les rencontrâmes. Des êtres qui nous étaient semblables en tous points. Ils étaient moins nombreux que nous, qui, à cinq, étions une force non-négligeable. Je croyais que la femme ferait comme avec moi, qu’elle essaierait de les adopter. Elle s’est avancée, en effet.

Et ils se sont tous sautés dessus. Pas moi. Avec un couinement terrifié, je reculai jusqu’à rencontrer un arbre. Je me repliai et les regardai se battre. Ce fut long et sauvage. De temps en temps, il y en avait un qui se retournait vers moi, comme s’il pensait qu’il était temps que je fasse partie de cette barbarie. Il n’avait jamais le temps de m’atteindre que quelqu’un d’autre le reprenait dans cette bataille. Finalement, après deux jours entiers et deux nuits à les regarder, tout cessa. La nature devint étrangement calme après ce temps passé dans la lutte. Je les vis pour la première fois, mais un seul retint vraiment mon attention.

Il avait un corps parfait, de fins cheveux bouclés, et des yeux profondément intelligents. Il n’était pas plus beau que les autres, pas différents et pourtant… Je sentis que je n’oublierais jamais ce vampire. Quelque chose avait changé au plus profond de moi. Un craquement inaudible, qui ne dévastait rien. Nos yeux se croisèrent un instant et je restai comme pétrifiée. Un instant… une simple seconde pour l’éternité.

Après tant de haine, nous décidâmes d’un commun accord de voyager ensemble et ainsi d’être plus forts. Face à la mauvaise communication, l’homme au regard de braise qui avait attiré mon regard se mit à inventer une nouvelle langue. Nous ne le savions pas à ce moment-là, mais ce simple parler allait devenir la base de la culture la plus ancienne de l’Europe. Ante devint l’avant. Caeteri les autres. Ex fut notre de. Et, petit à petit, le latin naquit. Nous étions désormais civilisés, aptes à communiquer les uns avec les autres et j’adorais cela. Pouvoir parler des heures durant avec le mystérieux homme que je ne parvenais pas à oublier. C’est lui qui nous nomma. Il jouait avec les sons comme un enfant émerveillé devant le coucher du soleil. Je fus baptisée Laa, ce qui me plu immédiatement. Profondément, je sentais que cela me ressemblait. Et, pour lui rendre la pareille, je passai toute une veillée à mélanger syllabes et sons. Il fut Santiago.

Parce que tout devait bien finir un jour, notre groupa se disloqua. Il éclata plutôt, et je perdis la femme que j’aimais bien, ainsi que beaucoup d’autres frères. Il y en a tant que je n’ai jamais revu après cela ! Ils sont figés dans mon esprit pour toujours, immuables, je garde leurs rires et leurs voix agréables. Ces moments qui nous appartiennent, nous, les parents de notre civilisation. Je dois dire que je tirai quand même le meilleur parti de cette séparation. Ciaro était avec nous, celui que j’aimais le plus, un frère comme les autres ne pourraient jamais l’être. Santiago aussi, mais c’était plus que de l’affection, c’est physique, électrique. Dans nos moments solitaires, je découvris que j’avais un don qui n’affectait que moi. En voulant retenir Ciaro, j’avais pris son bras entre ma main. Il hurla aussitôt son dégoût et je me retirai, choquée. Sans comprendre, je m’avançai vers Santiago qui offrit sa main à mon contact, mais qui ne réagit pas semblablement. Il semblait plutôt fou de désir pour moi. Je reculai de nouveau. Nous comprîmes que c’était une particularité, mais je ne les touchai plus jamais. Je ne voulais pas revivre ça.

Puisque nous étions civilisés, nous sommes repartis en direction d’une ville de la Grèce. Athènes. Nous y avons fait des miracles, aussi bien en langues, en culture qu’en sciences ou en architecture. C’est d’ailleurs avec nous que le mythe des Dieux s’installa. Il me semblait que, avant, je n’avais jamais pensé que quelque chose puisse être divin, que quelqu’un nous observe de là-haut. Je comprenais cependant ces humains qui nous voyaient, beaux, forts, intelligents et parfaits. Ils sacrifiaient des victimes à notre intention, notre besoin était flagrant, mais c’était d bon cœur. À l’époque, je devins la déesse Athéna, froide et protectrice. Cela fit rire mes compagnons mais me rappela à quel point je souffrais de l’absence de contacts.

Malgré tout cela, je pense que je peux dire, avec le recul, que ces années furent les plus heureuses de ma vie. Certes, je souffrais l’absence de Julia, des jumeaux et des autres du clan originel, mais les hommes qui m’entouraient me rendait joyeuse et me faisaient oublier tout ce qui pouvait parfois me faire du mal. Attentionnés, protecteurs, aimants, ils étaient tout cela à la fois. Avec cette dose sauvage et bestiale, un mélange dosé parfaitement.

Toute bonne chose a cependant une fin. Un jour que nous allions à travers le pays, nous rencontrâmes trois vampires fraîchement mordus. Ciaro et moi-même ne souhaitions pas nous en occuper, mais Santiago se faisait toujours un devoir d’éduquer les plus faibles, les moins nantis. Je pense que s’il avait su, il ne se serait pas donné cette peine. À l’époque, c’était son seul désir et après des siècles de cohabitation, notre clan n’était plus. Je partis avec Ciaro sans un regard vers l’arrière.

Nos routes devaient se croiser de nouveau, pour le défendre à deux reprises, mais ce fut sans paroles échangées. Je n’en avais pas la force, ça me semblait tout bonnement incongru de parler à ces moments-là. J’en ai d’amers regrets, des larmes sèches qui me brûlaient de l’intérieur. Si seulement j’avais été là, si j’avais pu rester à ses côtés, peut-être que tout se serait passé différemment.

J’ai encore en mémoire cette douleur fulgurante de l’humiliation lorsque les frères que Santiago avait élevés m’accostèrent. Pas eux, en fait : leurs sbires, leurs esclaves. Bien plus nombreux que nécessaires de fait. J’étais seule à l’époque, puisque la pauvre Victoria, ma seule création du moment, était perdue et paniquée. J’avais beau me défendre, je n’avais jamais le temps d’attaquer à mon tour avant de crouler de nouveau sous les attaques. Pire que tout, c’était les cris de mon bébé, mon tout petit bébé, qui m’horripilait. Je sombrais déjà. Béni soit le don de ce vampire qui m’épargna la douleur d’assister à sa mort. Ou maudissons-le, peut-être, parce que sans lui je n’aurais jamais été prise.

Aro, Marcus, Caius. Ils y étaient tous lorsque je me suis éveillée. J’ai bien essayé de leur sauter dessus et de leur faire payer ce crime, mais la présence des dizaines de vampires qui semblaient leur être lier m’arrêta. Je me repliai en position de défense, sous le sourire d’Aro, l’air découragé de Marcus et le regard triomphal de Caius. Je les détestais tant. Pour tout ce qu’ils faisaient depuis le tout début. Ils m’avaient arraché Santiago. Pendant 1500 ans, ils l’ont éloigné de moi. Prisonnière de cette affection. Je n’essayais même pas de fuir, alors qu’il était ridicule de penser que quelques barreaux pouvaient retenir la force immortelle. Sans ma collaboration, Santiago mourait et cela m’était insoutenable. C’est ainsi qu’on peut tolérer les insultes et les coups. Les menaces. Par amour. Ce n’était pas comme si j’étais vraiment maltraitée, après tout ils me fournissaient du sang en grande quantité et me laissait la plupart du temps tranquille, s’ils n’avaient rien à me demander. Je pense que c’était ça, le pire. Alors même que je me pliais à leurs désirs, que je ne ripostais même pas, ils en voulaient plus. J’étais forcée d’effectuer des missions pour eux. La création du montre Elyzabeth Bathory, une femme qui possédait mes yeux et des notions très étranges de l’immortalité. Des tueries, des massacres. Mais jamais une parole ne franchit mes lèvres pour Caius, celui qui prenait le plus grand plaisir à me frapper. Des phrases anodines à Aro, celui qui m’énervait le plus avec sa façon d’être tellement heureux en tout temps. Marcus, je voulais bien lui adresser la parole. Il n’était pas mon ami pour autant. Mes seuls amis étaient probablement tous morts. Sauf Santiago. Grâce à moi. Oh, oui, je les détestais. Ces frères si différents mais qui, à leur façon, m’exaspéraient tous plus les uns que les autres. Marcus si ennuyé et ennuyeux, qui semblait savoir que ce n’était pas bien de m’enfermer, mais qui le faisait quand même. Par peur de ses acolytes ? Ou tout simplement parce qu’obéir ne le forçait pas à réfléchir. Caius qui prenait plaisir à voir la douleur dans mes yeux, sans jamais y réagir. Je faisais tout comme ils le voulaient, pourtant. C’était seulement pour me rappeler que j’étais à leur solde et que je leur appartenais. Pire que tout, Aro. Aro qui passait des heures à me poser des questions auxquelles je ne répondais pas. Aro et cet air joyeux qui ne le lâchait pas, qui le rendait encore plus menaçant. Qui me frappait et s’adoucirait, suivant un cycle que lui seul comprenait. Il cherchait un don, une faille. Je ne lui montrai pas. Qu’il comprenne seul. Je ne le laissais pas toucher ma peau directement. Personne n’en avait le droit.

« - Bélinda ?
Pas de réponses.
- Je sais que tu m'entends, Bélinda.
Ce n'était pas pour autant que je voulais répondre.

- On a besoin de toi, Bélinda.
- J'espère que c'est une blague, Marcus.
- Aro est très sérieux.

- Crie, crie donc ! Es-tu trop stupide pour te plaindre ?
Pour lui, oui.
- Santiago vaut bien une ou deux plaintes, tu ne crois pas Bélinda ? »

Il y avait bel et bien un Volturi qui était juste, pourtant. Elle était une des femmes que je voyais parfois devant ma cellule, près d'un des frères. Juste au cas où la femelle vampire aux yeux violets perdrait la raison. Mais il n'y avait pas moyen, j'aimais Santiago. Il était la seule chose au monde qui comptait. Plus que le sang. Plus que ma propre vie.

« -Suivez moi , vite.
- Mais qui...
- Plus tard. »

Évidemment je ne l'ai jamais revue. Évidemment qu'ils l'ont tuée pour tout ça. Je lui suis reconnaissante. J'ai fui, courru, sans jamais me retourner. J'ai cherché sans savoir et il m'a retrouvée.

Santiago.

Le reste n'avait plus d'importance, l'histoire pouvait bien s'arrêter. J'étais avec le seul et unique homme que j'aimerais jamais.







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Comment t'as connu le forum ? Par Luke, qui l'a connu par Elie, qui l'a connu par Alec, qui l'a connu par Bianca, qui l'a connu par Dalyah, qui sort d'on sait pas trop où.
Pourquoi ce forum et pas un autre, dis ? Parce que Vlad fait de très bonnes crêpes, didiou < 3
Et c'est quoi le code ? Yes/edit V.
Avant qu'on se quitte (ou qu'on se trouve ! \o/) tu veux rajouter un petit mot ? On s'est aimés comme on se quitte, tout simplement, sans penser à demain.



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Dernière édition par Laa le Jeu 6 Jan - 3:35, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Dim 2 Jan - 21:03

J'ai hâte de voir ça ! *o*
edit : Le début déchire sa mère ! *__*
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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Dim 2 Jan - 21:31

*saute partout*

Ô délicieuse surprise que voici ! Ma compagne Heureux

Hâte de lire le reste !
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Laa

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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Jeu 6 Jan - 3:35

Vous savez quoi ?
Je pense que c'est tout mr g

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Marcus Volturi

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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Jeu 6 Jan - 4:40

Encore une folle de moi Cool

*dehors et vite*

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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Jeu 6 Jan - 9:02

Sonné Gosh ! It's so beautiful !

Oh j'aiiiime !

Non seulement j'ai une Laa qui Rp joliment bien, mais en plus elle a tout respecté tout ce que j'avais mis dans ma fiche (c'est ça que je redoutais avec un nouveau ==")

Admiiiiins ! J'EXIGE une validation !
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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Jeu 6 Jan - 12:00

Bienvenue.
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Corin Dunegan

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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Jeu 6 Jan - 16:45

Tu as une dent contre Marcus et Marcus veut m'embêter, donc, nous sommes fait pour nous entendre! Et accessoirement, t'es la femme de mon copain Santi drunken
Bienvenue glaciale beauté!

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Corin

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MessageSujet: Re: Laa La beauté est un jardin sauvage   Ven 7 Jan - 17:30

Mon Dieu, j'en aurais bien lu encore des pages et des pages O__O Laa, c'est juste SPLENDIDE ! Je crois que j'ai jamais lu une fiche aussi bien O_O J'ai perdu tous mes mots ! Ah non, non non, ah ah, j'en ai encore un : VALIDAAY ! *______*
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Laa La beauté est un jardin sauvage
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