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 Elie - Jekill & Hyde

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Elie S. Mancinelli

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Nombre de messages : 98
Date d'inscription : 24/07/2010
Âge : Humaine passablement débile
Nationalié : Sociopathe de haut niveau
Avec : Chez Leo et maman Norah


MessageSujet: Elie - Jekill & Hyde    Sam 24 Juil - 6:25

Avis de fugue
Personnage inventé [ U.U ] Poste vacant [ ]

..
Dossier médical #4129j


Patiente ;

Informations personelles ;

    NOM : Smallwood ( ? )
    PRÉNOM : Elie ( N.D - c'est un surnom, nous ne sommes surs de rien )
    AUTRE(S) PRÉNOM(S) : Ehlena, Elliania.

    AGE : 17 ans
    NÉ(E) LE : 13/01/1993A : Las Vegas
    HABITE : Rome.
    CLASSE SOCIALE : Sans domicile fixe.
    EMPLOI : Aucun.

    GROUPE : Humain
    CÉLÉBRITÉ CHOISIE : Betty Curse
Ma petite tête ;


..
A whole story !



En séparant le bien du mal, nous
séparons ausi la joie du chagrin, le bonheur du
malheur, la raison de la passion, mais, surtout,
l'amour de la haine. Quand ça se produit, nous
cessons d'être des êtres humains et devenons
quelque chose d'autre, quelque chose de mauvais.
Je crois que c'est ça, la véritable malédiction.

La bougie vacille lorsque le courant d’air s’engouffre par la fenêtre ouverte. Dehors, la neige balaie le territoire qui est désormais mien. J’ai vécu dans beaucoup d’endroits, mais celui-ci est mon préféré, bien que le froid perpétuel inflige à mon corps une souffrance elle aussi continue. C’est un maigre prix à payer pour quelques années de joie – mes rhumatismes sont des maux négligeables lorsqu’on les compare au reste. Je me lève pour aller prendre une tasse brûlante, remplie de thé, et lorsque je reviens je découvre la flamme éteinte et la bougie renversée. Elle s’est déversée sur le papier que j’utilise pour coucher mes pensées et c’est avec étonnement que je regarde la flaque ainsi créée. Une partie du parchemin a tout simplement noircie, écorchée vive par les flammes qui l’ont léchées. La cire s’est répandue sur une petite surface, orangée, lisse, intacte de mauvais tourments. Songeuse, je la compare à ma vie – enfin, une vie que je ne souhaite à personne. J’ai vécu 100 ans, mais au fond ce n’en était que 50 puisque mon corps était partagé. Là encore, c’est faux. Je viens seulement d’arriver et l’on me jette dans ce corps défectueux, usé. Tiens, disent-elles. Nous l’avons façonné et détruit, à toi maintenant d’en hérité. Meurs, nous, on a vécu. Je sens le murmure de leurs voix s’élever en moi comme pour protester et je les repousse aussitôt. Plus jamais, les alter ego, non. Avec elles, c’était toujours les extrêmes. Je passais du rose le plus romantique au violet le plus sombre sans m’en apercevoir. Le blanc devenait noir, le jaune éclatant un rouge sanglant sans jamais s’arrêter au beige – moi. Il y avait Elliania et Ehlena, mais jamais de place pour moi. Elles étaient de tels opposés que la neutralité n’avait pas sa place. Les sœurs ennemies. L’une voulait l’amour, l’autre aspirait seulement au sexe. L’une aurait adopté tous les enfants orphelins alors que l’autre tuait les parents de ces gamins. Une commençait à bâtir et l’autre détruisait aussitôt, mais jamais on n’a laissé une chance à la stabilité. Je suis la puinée, l’enfant dernier à qui on laisse les miettes, mais au moins aujourd’hui je suis seule. Vraiment seule. Il n’y a plus qu’Ehl, dans ce corps.

Elliania.
J’ouvre les yeux. Autour de moi tout est blanc et coussiné ; les murs sont dodus, comme pour empêcher que je me fasse mal. Même si, au fond, je ne peux pas me lever. Un homme en blouse blanche s’approche de moi et me regarde, soucieux. Il me demande mon nom et il semble soulagé par la réponse que je lui fourni. Un faible sourire prend place sur son visage démoli par les années. Les cernes qui s’élargissent sous ses yeux me le désignent comme un homme ravagé, ce qui me fait de la peine. Je n’aime pas voir les autres souffrir ; s’il n’en tenait qu’à moi, je prendrais tous les fardeaux de l’univers pour moi seule, histoire que chacun goûte au bonheur au moins une fois. Il s’assied, mais pas près de moi, affichant un respect mêlé de crainte bien que je ne connaisse pas les raisons de cette attitude. Il regarde un moment les moniteurs qui sont installés autour de moi et hoche la tête de contentement. J’imagine que cela veut dire que je vais bien, malgré que je me demande toujours ce que je fais ici. En fait, je me demande toujours où ‘’ ici ‘’ est. Et il ne veut pas me répondre, me jurant cependant que ce n’est pas ma faute, qu’il y en a une autre qui risquerait de faire du mal. J’accepte cette réponse, même si je ne sais pas de qui il parle. Peut-être vaut-il mieux de ne pas le savoir. Il reporte son attention sur moi et il me demande si je me sens bien, si l’oreiller est assez moelleux, si le matelas sous moi n’est pas trop dur. Tout est positif sur ce coté là, même si je voudrais me plaindre des fourmis qui ont pris possession de mon corps depuis plusieurs jours déjà. Je me tais cependant, ne voulant pas le vexer, lui qui semble se donner tant de mal pour que je sois confortable. Nous commençons à parler de tout et de rien ; le tout, c’est moi et le rien, c’est le silence qui s’installe souvent entre nous, comme s’il hésitait. On dirait qu’il mesure les paroles qu’il prononce, mais je ne comprends pas. Soit, chacun ses secrets. Il part finalement, mais avant qu’il passe la porte, je lui demande s’il ne pourrait pas me détacher. J’aimerais tant… Il s’approche, attristé, et lâche une phrase qui me marque. Je ne prendrai pas ce risque, pas encore. Pas plus d’explications. Les sangles qui me retiennent au lit me font mal, et je ne sais même pas pourquoi je les porte.

Ehlena.
L’intraveineuse me fait mal. Moins que les sangles, cependant, qui coupent ma peau déjà irritée. Je sais que je mérite de les porter, après que j’aie défiguré ce pauvre toubib. Si je me souviens bien, il n’était jamais revenu après ça. Même les infirmières les plus robustes n’osaient plus venir près de moi après ça ; ils m’avaient donc endormie, et au réveil j’étais ligotée sur ce lit qui était mien depuis si longtemps. Je ne pouvais pas dire que les promenades me manquaient, mais tout de même, on me traitait ici comme un porc qui s’en va à l’abattoir. Je cligne des yeux une, deux, trois fois, à toute vitesse. Le médecin est au bord de la couchette et me fixe d’un air ahuri, puis pousse un long soupir. La lumière blesse mes yeux et je pousse un grognement. Toujours aussi conciliant, le nouveau médecin me demande aussitôt ce qu’il peut faire pour moi. Toujours aussi franche, je lui réponds qu’il pourrait envisager de me foutre la paix. Ça ne semble pas lui faire plaisir, mais il m’obéit et ferme la porte à sa sortie. Bien vite, j’entends le petit déclic qui indique que la porte est fermée à clef. Aucun moyen de sortir, aucun moyen d’entrer jusqu’à la prochaine visite de super docteur. Ils ne viennent même plus me nourrir ; l’intraveineuse, c’est plus pratique – et surtout moins risqué. Ils préfèrent me nourrir ainsi, sans que je puisse vraiment goûter les aliments, que de risquer le visage d’une belle aide-soignante. Personnellement, je sais que tout ça, c’est des conneries. Je ne suis pas Hannibal Lecter, contrairement à ce qu’ils pensent, et je n’ai aucun intérêt pour la chair humaine. J’ai attaqué le pauvre homme, certes, mais c’était parce qu’il m’avait provoquée. Je le détestais autant qu’il m’haïssait. Par contre, je n’avais aucun grief contre les dames en blanc. Elles étaient là, c’est tout, ce n’était pas de leur faute si j’étais retenue dans cette salle exiguë. C’était la faute de mes parents, des principes de la société, du médecin qui refusait de me faire sortir. Les aides, elles subissent, comme moi. Elles vivent avec la peur qu’elles ont de moi ; moi, je vis avec la monotonie, l’absence d’anarchie qui me faisait tant de bien. Soupir. La journée ne fait que commencer et j’ai déjà hâte qu’elle finisse. Je déteste m’éveiller en plein jour ; je préfère la nuit, plus sombre, plus mystérieuse. En ces temps, on me laisse tranquille, parce que tout le monde dort de toute façon. J’aime bien ne pas avoir affaire à ces pantins ; mes pensées me suffisent. Je n’ai pas besoin du regard compatissant d’un pauvre mec, encore moins quand je sais qu’ils attendent que je meure pour disséquer mon cerveau.

Elliania.
J’ai mal à la tête. La dernière chose que je me rappelle, c’est du Docteur devant moi. Je voulais le rassurer, lui dire que ce n’est pas grave s’il ne peut pas m’offrir la liberté. Je comprends et j’encaisse, il n’a pas besoin de se torturer l’esprit pour moi. Ma bouche est ouverte, comme si je voulais souffler les mots, mais la pièce est noire et il n’y a plus personne devant moi. Je fronce les sourcils. Anormal. Bah ! J’imagine qu’il a été forcé de me donner des somnifères et que j’ai perdu une partie de la conversation. Ça n’aurait rien d’étonnant ; on me donne tout plein de médicaments depuis que je suis ici. On ne me dit pas pourquoi et j’ai résolu de ne plus les embêter avec mes questions. Je repose la tête sur l’oreiller, espérant pouvoir m’endormir, mais ça ne fonctionne pas. Tout mon corps me fait mal, j’ai l’impression d’avoir une barre de métal à la place de ma colonne. Je ferme tout de même les yeux et je me mets à compter mes respirations ; je perds le compte alors que mes pensées se perdent, et l’état de tranquillité dans lequel je me trouve dure longtemps. Quand je reprends vraiment conscience de ce qui m’entoure, un filet de lumière perce dans ma chambre et je souris. J’entends l’ouverture électronique de la porte dorénavant si familière, et le visage lui aussi familier de l’homme passe le cadre de la porte. Il me demande de m’identifier, encore une fois, et la réponse semble encore le rendre plus léger. Cette pratique me rend perplexe. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il fait ça ; veut-il savoir si j’arrive à me rappeler qui je suis d’un jour à l’autre ? Mais je suis polie. Quand les adultes parlent, on se tait. Cette fois-ci est différente. Il ne reste pas à l’autre bout de la pièce, il s’approche de moi. La proximité est telle que je peux sentir le parfum qu’il dégage, masculin, rassurant. Il sort de nouveau son calepin et me demande de lui décrire ce que j’aime, ce qui ne me fait pas plaisir. Une nouvelle forme de thérapie, on dirait ; je m’exécute. J’apprécie la lumière et la chaleur, les couleurs vives qui expriment l’amour. J’aime sentir l’air frais contre mon visage, même s’il y a longtemps que ce n’est pas arrivé. J’aime aussi l’odeur des oranges et de tous les agrumes, moins leur goûts cependant, car ça pique ma langue. Je lui parle de la musique douce, du satin contre la peau. Je n’ose pas vraiment dire que je déteste quelque chose, car je sais que ce serait méchant, mais puisqu’il m’encourage, je me lance. J’ai très peur des chiens, mais je ne sais pas pourquoi. J’ai peur d’aimer et de ne pas l’être en retour, et j’ai peur de l’ombre. Il m’arrête, me dit qu’il ne veut pas savoir ce qui me fait peur, mais ce que je n’aime pas. Je reste bouche-bée et réfléchit longuement. Puis… je n’aime pas ceux qui font le mal. Je n’aime pas être ici et qu’il y ait tant des gens qui s’occupent de moi alors que tant d’autres auraient besoin d’aide. Je n’aime pas la souffrance.

Il hoche la tête, satisfait. Je pense qu’il va partir ; il part toujours quand il fait ça. Mais il reste et me regarde. Je lis le doute, l’hésitation, sur son visage, puis il se lance. D’une voix douce que je ne lui connais pas, il m’explique enfin les raisons de ma présence ici. Choc. Il m’explique les troubles de personnalité, la présence d’une autre personne en moi. Il me demande si je n’ai pas des moments d’absences parfois, sur lesquels je n’arrive pas à mettre d’images. Et je sais qu’il a raison. Ces moments-là, je les prenais pour des effets des médicaments. Je sais que j’ai fait des choses, mais je ne peux pas accéder à la vivacité des souvenirs. Une larme roule soudain sur ma joue, il continue à parler, mais il semble regretter les paroles qu’il doit prononcer. Il m’annonce que mon double est le contraire exact de moi. Elle est tout sauf soumise et son principal plaisir dans la vie semble être la recherche de ce qui peut blesser. Elle a un caractère très affirmé alors que je suis douce comme l’agneau qui vient de naître. Je me tais pour ne pas être impolie ; elle coupe les gens au milieu de leur phrase lorsqu’elle estime qu’ils ont assez parlé. Elle est narcissique ; je ne m’intéresse qu’au sort des autres. De parfaits contraires, dit-il, après avoir énoncé une liste interminable de défauts qui collent à la peau de ma deuxième personnalité. Il s’étonne, raconte-t-il, à chaque fois qu’il nous parle. Il dit que nous sommes là pour contrebalancer l’autre. Nous n’avons pas su être neutres, alors on est différentes en tout point et cela crée un équilibre. Mais je ne veux pas d’équilibre. Je veux mon corps, le mien, c’est tout.

Il presse doucement ma main et je sursaute à ce contact. Il le voie bien et me répète qu’il est désolé, qu’il ne peut pas me détacher. Mais maintenant je sais ; c’est elle, qu’ils emprisonnent, elle, pas moi.

Ehlena.
Il est encore là. Il est toujours là ! Pas moyen d’être tranquille deux secondes. Il soutient qu’il a des faits importants à me révéler, mais je ne souhaite pas l’écouter. C’est moi qui décide quand quelque chose est important. Les autres ? Rien à foutre. Je lui répète mes pensées, mais il ne semble pas les entendre et commence à me dire qu’il y a un autre moi. C’est ça, sa nouvelle ? Oui, bon, je le savais déjà, quoi. Je ne suis pas si stupide ; j’avais remarqué depuis longtemps que je m’éveillais au milieu d’une conversation sans pouvoir me souvenir de ce que je faisais avant. Il y avait une boule au fond de moi qui ne demandait qu’à émerger et que je devais réfréner à chaque moment de conscience. Je ne voyais pas pourquoi il me disait cela maintenant, ça n’avait rien de nouveau. Alors j’ai arrêté de l’écouter. Les derniers mots que j’avais saisis semblaient vouloir me confirmer ce que j’avais pensé ; nous ne nous ressemblions pas. C’était évident ; je comprenais mon mal-être, maintenant. Elle devait dégager du bonheur, des relents de bonté alors que je ne souhaitais seulement faire du mal à ceux qui m’en faisaient. Aux autres aussi. Ah, malheur ! J’imaginais déjà ses passe-temps. Faire des casse-têtes, dessiner pour un enfant aux cheveux gras et promener les chiens du quartier. J’en avais mal au cœur. Rien à voir avec ce que moi j’appréciais. La beauté, la grandeur ; la douleur. J’aimais voir les autres s’enfoncer dans un état où même le sommeil ne leur apportait plus de repos. Les cauchemars étaient partout ; à l’éveil comme dans le monde des rêves. Ça, c’était bon. J’aimais aussi les beaux vêtements, les méchants des livres, même s’ils ne gagnaient jamais. Incapables ! Je n’aimais pas tout ce qui n’était pas moi, c’était facile à comprendre, j’imagine.

Voyant que je lui avais retiré mon attention, il grogna mon nom, l’air furieux. Il souhaitait vraiment ma collaboration pour que moi et l’Autre nous réconcilions et que nous puissions redevenir l’enfant chérie de nos pauvres parents. Peuh ! Comme si j’avais quelque chose à cirer des idiots qui m’avaient abandonnée à un hôpital psychiatrique. Ayant une idée cependant, je fermai les yeux et les rouvris à toute vitesse, le visage troublé Il m’appela. << Ehlena ? >> Je le regardai sans comprendre et vis soudain un bonheur s’installer sur son visage si grave lorsqu’il s’adressait à moi. << Elliania ? >> Voilà, il m’avait appris ce que je voulais savoir. Je souris et commençai à raconter une histoire sans queue ni tête. Je l’ai chassée, disais-je. Je l’ai sentie et je l’ai repoussée ! Il semblait intéressé et me promit de revenir bientôt pour en parler avec moi. Il caressa le dessus de ma tête et je du réprimer l’envie de le mordre.

Mon plan était fait.

J’attendis que la nuit tombe, parce que je savais que j’aurais environ dix heures de tranquilité. Il y avait aussi le fait que c’était le seul moment où j’étais vraiment bien dans ma peau. Je me relevai, pris mon courage à deux mains et mordit de toute force dans mon poignet. Je du m’exécuter à plusieurs reprises avant que la chair s’ouvre enfin et que le sang se mette à couler doucement. J’agrandis la plaie encore un peu, et le sang se mis à couler de plus belle. Je souris malgré la douleur. Ça cicatriserait bien assez vite et le sang ferait agrandir les lanières de cuir. Mes poignets passeraient. Je fis le même manège sur mon autre poignet. J’ignorais combien de temps cela prendrait et je du patienter longtemps. Finalement, ça fonctionna. Je pus passer mes mains à travers les sangles et je me tapis près de la porte, fière de moi. Il n’y avait pas de fenêtre sur la porte. Il ne pouvait pas me voir tant qu’il n’entrait pas ; lorsqu’il le ferait, je m’enfuirais dans le corridor. Simple.

Ça fonctionna. Je me mis à courir dans le corridor et le temps qu’il s’aperçoive de ce que j’avais fait, j’avais quelques mètres d’avance. Quand j’atteignis la rue, c’était trop tard pour lui. Je me cachai dans un groupe de touristes et pu m’éloigner suffisamment.

Le plus difficile, évidemment, ce fut de trouver le billet d’avion. Je devais fuir les États-Unis le plus vite possible. L’aéroport, je le trouvai facilement ; il n’était pas long. J’avais seulement hâte de pouvoir m’embarquer avant que l’Autre ne reprenne le contrôle. Le problème, c’était qu’on ne savait jamais à quoi s’attendre. Parfois, je restais dans mon corps des mois durant, et puis j’avais une absence de plusieurs semaines. Déstabilisant. Il ne fallait pas que ça se produise maintenant, cependant, et j’y mis toute ma volonté.

Ce fut une réussite. Je gardai le contrôle jusqu’au moment de l’embarquement – j’avais convaincu une vieille dame que ma maman allais bientôt mourir mais que je n’avais pas l’argent pour me payer un voyage jusqu’en Italie pour la voir une dernière fois. Elle me crut et je pris place à ses cotés dans l’avion. Un jeu d’enfant.

Le vol fut long et je ne fus pas mécontente lorsque j’arrivai enfin à Rome. L’air était pur – moi qui n’avait pu le sentir sur ma peau depuis des années, j’en éprouvai une certaine jouissance. Je me promenai longtemps, affaiblie par la fatigue, mais il se produisit un évènement qui me marqua à coup sur.

J’avais croisé mon reflet. Là-bas, ils ne me donnaient pas de miroirs. Trop dangereux, disaient-ils, que tu le brises et que tu te serves des morceaux pour nous faire mal. Ils n’avaient pas tord, évidemment, sauf que l’idée ne m’aurait jamais effleurée avant qu’eux-mêmes me la souffle. Enfin ! Je disais que j’avais eu peur en me voyant. Mes cheveux foncés étaient emmêlés, comme s’ils étaient frisés à un point tel qu’ils remontaient sur ma tête. Ils étaient sales également, et mon corps était d’une maigreur cadavérique. L’uniforme bleu roi qu’ils m’avaient imposés à l’hôpital tombait mal sur mes épaules et mes chaussures étaient si usées que ça en devenait ridicule. Je devais prendre les choses en mains.

Elliania.
Quand je me réveillai, j’eu droit à beaucoup de choses étranges.
Premier choc, la douleur. Mes poignets étaient en sang, on m’avait entaillé le tout et il y avait toujours du sang séché sur mes avant-bras.

Deuxième choc, l’endroit. Je me trouvais dans une petite cabine qui n’avait rien à voir avec ma chambre. J’étais détachée, libre. Quand j’en sortis, je me retrouvai dans un magasin étrange et je me tournai vers un miroir.

Dernier choc. Je me doutais que c’était mon double qui avait fait ça, mais tout de même ! Mes cheveux étaient devenus noirs comme le plumage des corbeaux, ma peau blanche saillait. Le plus étrange, je pense, c’était le maquillage, bien que l’habit vaille la peine d’être vu aussi. SI ma tignasse avait été aplatie sur ma tête, ce qu’elle avait fait au visage était très impressionnant. Les lèvres que j’imaginais roses avaient été teintes en une couleur qui pouvait ressembler à du violet, j’imagine. Les yeux avaient été relevés de façon épeurante. La pupille était toujours noire, certes, mais c’était là la seule chose que je reconnaissais. Il y avait du mascara sur mes cils supérieurs et du khôl sur la paupière inférieure. Finalement, avec de l’ombre à paupières noire, elle avait étendu une espèce de cercle autour des mes yeux. Je ressemblais à un raton laveur. La tenue, elle, différait totalement du kit d’écolière sage de l’endroit où j’étais retenue. Je portais dorénavant une robe noire à bretelles très minces. Le tout était décolté de façon horripilante et enserrait ma taille. Un bustier ? Ou un corset. La jupe était faite de dentelle fine qui finissait en un magnifique froufrou. J’étais belle, certes, mais c’était déstabilisant !

Une dame que je ne connaissais pas pleura presque en me voyant et déclara bizarrement :

<< Votre mère serait si fière de vous ! Pauvre petite… votre retour en Italie est bien pénible. Venez, je vous la paie.>>

Bienvenue à Rome, l’Autre.


Je devais avouer que sur ce coup-là, elle avait bien fait. Je me retrouvais en Italie, de ce que je comprenais, avec une vieille dame compatissante riche qui souhaitait prendre soin de moi, ce qui me mettait très mal à l’aise. Je ne voulais pas qu’elle gaspille son argent pour moi, mais avais-je vraiment le choix ? Je ne tenais pas à finir dans la rue et encore moins nue. Je la suivie donc docilement. Elle me procura tout ce dont j’avais besoin ; des vêtements – sur ce coté là, je pense que l’Autre a souligné qu’elle voulait des vêtements sombres parce qu’elle m’entraina dans des boutiques gothiques et m’habilla de façon si effrayante que même Chucky aurait eu peur. J’imagine que ça pouvait être considéré comme séduisant, mais j’avais plutôt l’impression d’être une veuve noire ou une mariée désespérée. Je me promis cependant de rembourser le tout à la dame dès que je le pourrais.

Si seulement j’en avais eu l’occasion.

Ehlena.
Elle ne m’était plus utile, dorénavant. Elle m’avait acheté des vêtements, loué un appartement et m’avait transférée en Italie. Elle m’avait aussi laissé un peu d’argent, de quoi subvenir à mes besoins, et m’avait priée de l’appeler dès que j’en aurais besoin. Je la remerciai, mais dès qu’elle fut partie, son numéro trouva le chemin des poubelles. Ça avait fait du bien de manger pour de vrai, sans tuyau qui vous relâchait des nutriments déjà mâchés. Elle avait été gentille avec moi, d’une façon trop inintéressée. Elle voulait m’aider, c’était tout, et ça je ne le concevais pas. Toutefois, c’est peut-être mieux ainsi. Je ne lui devais rien et nous ne nous reverrions plus jamais, c’était parfait ainsi. Nous nous séparâmes sur une bonne note et moi, j’avais de quoi vivre bien pour quelques mois.

La prochaine étape, c’était de prendre le contrôle total sur la petite Elliania.



Jimmy,
Je regrette de devoir confirmer ce fait mais les preuves sont accablantes. La patience de la chambre 414 s’est bien échappée. Le sang sur la table indique qu’elle a dû se blesser. Retrouvez-la coûte que coûte. Si Ehlena est celle qui prend le contrôle….
Dr. Gilbert.



Elliania.
Qui je suis ? Bonne question. Je suis une partie d'un tout, mais peu importe ce que j'essaie de faire, l'Autre m'en empêche. Nous ne nous entendons pas et nous ne pouvons pas discuter. Qui suis-je ? Elliania. Un nom que je me suis donné moi-même, si l'on en croit le docteur qui a pris soin de moi pendant une partie de ma vie. Je l'en remercie et j'espère qu'il sait que je ne suis pour rien dans cette évasion. J'apprend peu à peu à vivre ici, à me débrouiller et à panser les blessures qui sont miennes. Savoir que j'abrite un monstre, voilà qui me fait le plus mal, et parfois j'ai le goût de prendre le couteau qui traîne pour mettre fin à mon existence. À la sienne surtout. Je veux vraiment agir, mais je ne peux pas, parce que ce serait un meurtre et que j'ai trop de respect envers la vie pour cela.

Je suis profondément bonne.

Ehlena.
Qui je suis ? Je ne sais pas. J'aimerais être moi, seulement moi, avec mes défauts que j'aime tant et ma conscience toujours apaisée. Je ne peux pas. On dirait que même lorsque je l'enterres profondément en moi, elle est toujours là, à m'attendre. Je sais qu'un jour j'aurai des comptes à lui rendre, mais j'espère que ce ne sera pas aujourd'hui. J'ai une vie entière devant moi, à me faire plaisir et à me nourrir de la peine des autres, faute d'avoir les miennes. Parfois, je me promène et je me met à réfléchir. Que deviennent nos parents, les idiots qui nous ont abandonnés ? En ces moments là, je me sens un peu plus proche de la soeur d'esprit, même si j'ai l'impression que c'est elle qui a absorbé tout leur amour. Toute la peine de les quitter, aussi. Et puis je pense à l'hôpital et je me demande s'ils nous recherchent encore ou s'ils sont convaincus que nous sommes mortes, désormais. Ils ont raisons. Je suis morte. Elle aussi. En fait, nous n'avons jamais existé. Mais être un fantôme, j'aime bien. Je suis le fantôme d'Ellie.

Je suis profondément mauvaise.


J'aurais aimé pouvoir dire que je les comprenais. Mais ce serait faux et de toute façon, il est trop tard pour les regrets. La bougie s'éteint et la flamme qui agite mon coeur vacille. Je les sens en moi, prêtes à déchainer leur feu, mais elles n'en font rien. Elles se battent, Ehlena essayant de tuer celle qui l'a empêchée de devenir un Hitler moderne, Elliania se défendant, incapable de blesser quelqu'un. Je m'étends, sachant que dès qu'une aura réussi à vaincre l'autre, elle reprendre le contrôle, et ça, ce serait mauvais. On ne peut pas être méchante ou bonne. On doit avoir un centre d'équilibre, sinon la vie est trop dure. Pour nous-même ou pour ceux qui nous cotoient. J'ai posé mon dernier geste - la cadette, celle qui des trois aura assumer son nom. Ehl, Hel, Hell.

J'ai vécu l'Enfer et j'en suis revenue. J'y replonge de plein gré, maintenant. Le pot d'arsenic repose à mon chevet, vide, et mon corps brûle. Je ferme les yeux et meurs dans un murmure.

J’ai été… nous avons été profondémment folles.



..
Behind the screen

Ton p'tit nom (ou surnom ou pseudo) : Plutooo.
Comment t'as connu le forum ? Gogole's your friend.
Tu le trouves bien, dis ? Vu tous les comptes, oui -_-
Et c'est quoi le code ? OK/Cal
Avant qu'on se quitte (ou qu'on se retrouve ! \o/) tu veux ajouter un petit mot ?
Spoiler:
 


Dernière édition par Elie Smallwood le Lun 26 Juil - 20:44, édité 1 fois
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Elie S. Mancinelli

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Âge : Humaine passablement débile
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MessageSujet: Re: Elie - Jekill & Hyde    Lun 26 Juil - 20:43

Désolée du double post, mais voilà, fini bounce
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Elie - Jekill & Hyde    Jeu 29 Juil - 10:28

Alors ça ! C'est du perso !
Validée Very Happy
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MessageSujet: Re: Elie - Jekill & Hyde    

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Elie - Jekill & Hyde
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